Ce que j’aime dans un roman…

(c) Eric Puybaret
(c) Eric Puybaret

Je lis de plus en plus de blogs littéraires. Quand j’ai ouvert ce blog en 2013, mon envie était simplement de consigner un peu égoïstement mes lectures, comme dans un carnet de notes personnel. Il ne me venait pas à l’esprit d’aller rechercher les avis des autres, même si c’est un blog et une lecture en particulier qui m’ont poussée à ouvrir mon propre espace sur la toile pour y livrer les réflexions que m’apportaient certaines lectures. Un peu paresseuse, je suis loin de chroniquer tout ce que je lis (d’ailleurs, j’ai du mal à parler d’un livre qui ne m’a pas plu).

(c) Eric Puybaret
(c) Eric Puybaret

La découverte d’un blog très vivant m’a incitée à sortir de mon antre, et à aller voir ce que les autres proposaient. Le mois anglais 2015 a été une formidable occasion de brasser des lectures, des goûts et des avis différents, de blogueurs passionnés. Le blogoclub, auquel je participe depuis peu, est aussi l’occasion d’échanges intéressants autour d’un même livre (ou d’un même auteur : le prochain rendez-vous a lieu le 1er septembre, pour la lecture d’un roman de Toni Morrison de notre choix).

L’année dernière je participais à un club de lectrices « IRL » (« in real life ») mais je n’ai pu continuer, la naissance de ma fille venant occuper une bonne partie de mon temps ;-). La toile vient donc remplacer cet espace d’échanges, qui ne sont pas moins importants du fait qu’ils soient virtuels. Mais comme je suis un peu la fille timide de la récré, je n’ai pas encore noué de liens très personnels avec d’autres blogueuses.

(c) Eric Puybaret
(c) Eric Puybaret

Enfin, grâce à la blogosphère, je découvre des livres qui autrement ne m’auraient pas tentée, voire pas du tout attiré l’attention. Je me mets à apprécier les nouveautés, alors que je restais un petit peu accrochée aux « classiques » (au moins 20 ans d’âge). Je prends même des risques, en achetant des livres sur la seule recommandation de mon libraire (ça c’est aussi risqué qu’un saut à l’élastique). Pour tout dire, c’st la première fois que je peux parler de « mon » libraire, car je me mets à fréquenter une vraie librairie indépendante et ai délaissé les grandes enseignes où les livres côtoient les écrans plats, ou les sites marchands qui mangent les marges et assèchent la clientèle des libraires de quartier. Je commence à avoir une éthique ! (Voyez où la blogo peut mener). En revanche, rien ne pourra jamais m’empêcher de continuer à écorner les pages et maltraiter mes bouquins, que je trimballe dans mes sacs, laisse dormir un jour ou deux grand ouverts et tâche malencontreusement de toute sorte d’aliments et boissons 😉

Tout ça pour dire que de se confronter aux avis des autres m’a donné l’envie de définir ce qui me plaît dans la lecture d’un roman. Etant assez éclectique, je ne m’étais jamais tellement posé la question. Alors voilà mon portrait de lectrice en quelques point(illé)s :

  • J’ai une grande affection pour les personnages simples, frais, droits, sincères, courageux mais aussi drôles et attendrissants, un peu en-dehors des cadres, voire rêveurs et mystérieux. Les Bécassine (cf. ma nouvelle photo de profil), les Causette, les Laura Ingalls, les montagnards de Frison-Roche, les Jean de Florette et les Shpountz, les d’Artagnan, les Jane Eyre, les attrape-cœur ont ma faveur. Dans Rebecca de Daphné du Maurier, je préfère de loin la nouvelle Madame de Winter à l’ancienne et dans Autant en emporte le vent, je préfère Mélanie à Scarlett. (Ce qui ne veut pas dire que je n’apprécie pas les personnages plus complexes, retors, tourmentés et sombres évidemment ! La preuve, j’aime lire Irène Nemirovski. D’ailleurs il faut de tout pour faire un bon roman).
  • J’aime les belles descriptions ! Celles qui font plonger dans une ambiance, celles qui introduisent la poésie au cœur de la prose. J’apprécie l’art du « picturesque » anglais. Les descriptions de la nature sauvage me ravissent. Bref, je ne suis pas du genre à sauter les passages descriptifs (sauf quand ils deviennent vraiment trop géographiques, dans un Balzac par exemple).
  • J’ai conscience de n’être pas originale quand je dis qu’une intrigue bien ficelée et une belle histoire d’amour emportent mon adhésion. En ce moment je suis assez fan des romans à énigmes et à suspense. Mais je ne dédaigne pas les romans où il ne semble « pas se passer grand chose » (comme dans les romans d’André Dhôtel par exemple, ce qui dans son cas est une fausse impression). Il y a aussi des livres qui réunissent les deux caractéristiques, comme le Quartet d’Alexandrie de Lawrence Durrell.
  • J’aime aussi les romans qui analysent les caractères, les psychologies, qui explorent les sentiments : Nemirovski, Zweig, Ian McEwan, Ishiguro, Vita Sackville-West… pour citer ceux qui me viennent immédiatement à l’esprit.
  • J’ai eu toute une période « écrivains latino-américains » : Julio Cortazar, Roberto Bolaño, Gabriel Garcia Marquez, Mario Vargas Llosa, Jorge Amado… J’apprécie leur écriture charnelle, qui mêle allègrement réalisme et fantastique.
  • J’aime lire en langue étrangère, quand je peux : espagnol, anglais, portugais pour moi. D’ailleurs, c’est grâce à la lecture que mon niveau d’anglais s’est amélioré. C’est avec les livres qu’on peut entrer intimement en contact avec une culture.
  • J’apprécie les romans historiques quand ils recréent habilement l’esprit d’une période (et m’apprennent des choses au passage) ; l’autofiction, la fantasy et la science fiction me laissent indifférente ; devant les livres (et films) d’horreur, je passe mon chemin. A part ça, je suis assez ouverte 😉

Nos lectures disent beaucoup de nous même, alors je serais ravie de savoir comment d’autres lecteurs se définissent ! Ça dit à quelqu’un de se prêter au jeu ?

(c) Eric Puybaret
(c) Eric Puybaret
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4 commentaires sur « Ce que j’aime dans un roman… »

  1. Merci pour ce beau portrait de lectrice qui permet de te connaître un peu mieux. Je me reconnais pas mal dedans. J’aime aussi Zweig, Némirovski, Pagnol, les montagnards durs mais tendres de Frison-Roche (depuis mon adolescence), la lecture en VO (mais en italien pour moi), les belles descriptions, les vrais romans historiques et puis surtout, je suis ravie de rencontrer une autre fan du « Quattuor d’Alexandrie », qui est un des livres qui m’a le plus marquée…

    1. Cette tétralogie m’avait aussi beaucoup marquée. Mais il faudrait que je la relise car j’ai à peu près tout oublié…

  2. C’est à la suite d’un commentaire sur mon blog que je découvre le tiens! Mieux vaut tard que jamais. Je sens que j’y reviendrai souvent.
    J’adore ton « portrait de lectrice ». J’y répondrai bientôt, soit assurée!

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