Marcel Proust, Du côté de chez Swann

Proust et son roman-fleuve-culte A la recherche du temps perdu. Qui ne rêve de l’inscrire à son palmarès de lecteur sérieux ? Quel meilleur marqueur que « la Recherche » pour afficher sa prétention culturelle ? Je l’avoue, longtemps je l’ai vu comme cela, et pour cette raison, il m’effrayait. Je n’aurais pas eu l’idée de commencer à le lire, il y a une petite dizaine d’années, si mon petit frère n’avait pas lui-même lu Du côté de chez Swann dans une édition de la Pléiade s’il vous plaît. Quoi ? Mon petit frère lisait Proust, et moi, la « littéraire-de-la-famille » je n’osais même pas m’en approcher ? Ça ne pouvait plus durer. Saisie de snobisme, j’empoignais donc ledit exemplaire de la Pléiade et, avec surprise, je plongeais dedans avec délice. Mais voilà, au fil de ma lecture j’avais sauté pas mal de passages, et notamment toute la troisième partie, « Noms de pays : le nom » (je crois que ce titre ne m’inspirait guère) pour passer directement au deuxième tome, A l’ombre des jeunes filles en fleur. Puis je l’abandonnais à sa moitié (trop de tournicotages autour de Gilberte m’ayant probablement donné le tournis), et enterrais Proust pour quelques années.

Dernièrement, j’ai voulu recommencer à lire A l’ombre des jeunes filles en fleur, mais je me suis dit qu’auparavant, je gagnerais peut-être à lire enfin la troisième partie du premier tome. Et cette partie, une fois lue (avec un plaisir extraordinaire de me replonger dans cet univers), je me suis rendue compte que je ne me rappelais plus de rien des deux premières parties de Du côté de chez Swann. J’ai donc relu « Combray » et « Un amour de Swann ». Et finalement, j’ai trouvé que ma méthode de lecture, circulaire, correspondait assez bien à la façon d’écrire de Proust, circulaire aussi, où tout se répond, où un détail semé au début peut se trouver un écho, une forme de confirmation dans un autre fait, au milieu ou à la fin du livre.

Par où commencer mes impressions de lecture du coup ? Par son épisode de la madeleine sans doute, si mythique qu’elle s’est convertie en lieu commun : par une bouchée de madeleine, le narrateur adulte revit soudainement un épisode de son enfance. La Recherchec’est donc une archéologie, une expédition destinée à retrouver le continent englouti du temps, la quête de l’Atlantide. Et son vaisseau d’exploration, ce sont les cinq sens et les émotions. La nature aussi, dans laquelle il « lit » à livre ouvert. A ce propos, je vous livre cette phrase qui vaut son pesant de cacahuètes : « Car souvent j’ai voulu revoir une personne sans discerner que c’était simplement parce qu’elle me rappelait une haie d’aubépines… » (!) 😂

Toute la première partie est ainsi un sauvetage de souvenirs que le narrateur – Proust ? La question à 10000 anciens francs – a passé, étant jeune garçon, en vacances chez sa grand mère à Combray (quelque part à côté de Reims même si ce lieu imaginaire a été inspiré par un village à côté de Chartres). Cette séquence est entrecoupée de réminiscences de la vie parisienne, de réflexions philosophiques et littéraires et de coups de projecteur sur certains personnages clés : ce snob de Legrandin, cet empêché de Vinteuil (et sa vilaine fille), ce vieux garçon d’oncle Adolphe, la mystérieuse « dame en rose », la tante Léonie en redite du malade imaginaire, ce monument de domestique qu’est Françoise, cette péronnelle de Gilberte, et bien-sûr, ce dandy mondain mais modeste, original et coureur de Swann… Cela n’a pas vraiment de début, ni de milieu ni de fin, d’où une impression d’immersion presque hypnotique. Avec son célébrissime incipit « Longtemps je me suis couché de bonne heure… », la première partie commence par toute une réflexion sur les chambres à coucher que le narrateur a connues et auxquelles il a dû s’habituer. On comprend de suite qu’il a une sensibilité peu commune, presque synesthésique, aux lieux, aux formes et aux couleurs. Diagnostic de Dr Ellettres ? Cette hyper sensibilité explique son besoin maladif de recevoir le doux baiser du soir de sa maman afin de bien dormir. Et puis on assiste aux visites de Swann en voisin à la famille du narrateur à Combray, toujours avec un panier de fraises à la main, une bonne bouteille du vin d’Asti ou une recette de perdreaux à la crème – car Swann n’est pas « fier » et ses voisins, loin de se douter de ses hautes fréquentations parisiennes, le traitent un peu par-dessus la jambe (la grand-tante du narrateur : « Comment, elle connaît Swann ? Pour une personne que tu prétendais parente du maréchal de Mac-Mahon ! »). Mais on a aussi des considérations sur le clocher de l’église de Combray, la mécanique domestique de la maison, les manies de tante Léonie, l’heure des repas, la « tyrannie » de Françoise dans les cuisines, les paroissiens qui s’espionnent à la messe, la grandiloquence de Legrandin (à mourir de rire), les lectures du narrateur et de son camarade Bloch à l’humour très « Alphonse Allais », et bien-sûr, les promenades « du côté de chez Swann » et « du côté de Guermantes ». Voilà pour « Combray » où les fleurs et l’architecture, les lectures et les relations de famille (et déjà un vif attrait pour l’aristocratie de la part du narrateur) tiennent le haut du pavé. Proust, où l’art de donner une épaisseur extraordinaire aux riens qui peuplent nos vies.

Avec « Un amour de Swann », on passe à la satire sociale des salons de la IIIe République, immortalisés par le « noyau de fidèles » du couple Verdurin. Proust tape très fort sur la vulgarité, la suffisance, le ridicule, le grotesque, l’égoïsme, l’arrogance et la méchanceté de tout ce petit monde : les inénarrables Verdurin bien-sûr, le stupide et velléitaire docteur Cottard dont les « bons mots » tombent toujours à côté, le peintre et le pianiste érigés en serviteurs de l’Art suprême par Mme Verdurin alors que ce sont des tâcherons, et bien-sûr Odette, la petite Odette, la cocotte dont Swann tombe éperdument  amoureux (et jaloux !) alors qu’elle n’est « même pas son genre » ! Entre la raillerie du bourgeois et les méandres existentiels de l’âme humaine, cette partie ne manque pas de sel même si on peut la trouver un peu datée parfois (et lassante).

Dans la troisième partie « Noms de pays : le nom », le narrateur fait toute une réflexion sur la puissance d’évocation des noms de lieux comme Venise, Florence, Parme en Italie, mais aussi Balbec (rappelons que ce lieu est aussi imaginaire que Combray), Bayeux, Coutances, Vitré, Questambert, Pontorson, Quimperlé (où je passe, moi, beaucoup de vacances !)… On a ainsi le parallèle avec tout le développement sur les chambres dans la première partie. Le narrateur est littéralement « capturé » par son imaginaire, au point qu’il tombe malade quand son père lui annonce qu’il projette de lui faire passer des vacances en Italie. C’est ballot ! Le voyage ne se fera pas, mais qu’à cela ne tienne, le narrateur passe à une autre obsession : son amour pour Gilberte, la fille de Swann et Odette, avec qui il joue sur les Champs Elysées. Il ne pense qu’à elle, du matin au soir, ne guette que les instants où il pourra la voir, et même son cocher, son institutrice ou sa rue lui semblent emplis d’une grâce particulière car… ce sont ceux de Gilberte. Quant à la mère de Gilberte, elle ne le laisse pas insensible non plus. On en saura plus dans A l’ombre des jeunes filles en fleur

« Et il y eut un jour aussi où elle me dit : ‘Vous savez, vous pouvez m’appeler Gilberte, en tout cas moi, je vous appellerai par votre nom de baptême. C’est trop gênant.’ Pourtant elle continua encore un moment à se contenter de me dire ‘vous’ et comme je le lui faisais remarquer, elle sourit et composant, construisant une phrase comme celles qui dans les grammaires étrangères n’ont d’autre but que de nous faire employer un mot nouveau, elle la termina par mon petit nom. Et me souvenant plus tard de ce que j’avais senti alors, j’y ai démêlé l’impression d’avoir été tenu un instant dans sa bouche, moi-même, nu, sans plus aucune des modalités sociales qui appartenaient aussi, soit à ses autres camarades, soit, quand elle disait mon nom de famille, à mes parents, et dont ses lèvres – et l’effort qu’elle faisait, un peu comme son père, pour articuler les mots qu’elle voulait mettre en valeur – eurent l’air de me dépouiller, de me dévêtir, comme de sa peau un fruit dont on ne peut avaler que la pulpe, tandis que son regard, se mettant au même degré nouveau d’intimité que prenait sa parole, m’atteignait aussi plus directement, non sans témoigner la conscience, le plaisir et jusque la gratitude qu’il en avait, en se faisant accompagner d’un sourire. » (p. 396).

Les phrases de Proust, il faut que j’en parle vu que c’est bien la deuxième chose à laquelle on pense à son propos, après l’épisode mythique de la madeleine. Et c’est vrai, elles sont longues ses phrases (cf. l’extrait plus haut), au point qu’il faut parfois les lire trois fois pour emboîter touts les tiroirs et en saisir tout le sens. Mais s’y attarder, muser le long de ses phrases pour voir jusqu’où il nous mène, comme une promenade à mille détours, c’est un plaisir ! Proust a le génie des images. Tous ses sentiments subjectifs sur les choses qui l’entourent, sur ses ressentis, il arrive à les transcrire de façon lumineuse, chatoyante, mille fois nuancée. Je prends pour exemple un paragraphe où il raconte ses ressentis de lecture (ça me rejoint particulièrement, cette expérience universelle de la lecture d’un livre ) et l’impact de son environnement (une après-midi dans le jardin) sur eux, qui révèle l’élasticité du temps…

« Dans l’espèce d’écran diapré d’états différents que, tandis que je lisais, déployait simultanément ma conscience, et qui allaient des aspirations les plus profondément cachées en moi-même jusqu’à la vision tout extérieure de l’horizon que j’avais, au bout du jardin, sous les yeux, ce qu’il y avait d’abord en moi, de plus intime, la poignée sans cesse en mouvement qui gouvernait le reste, c’était ma croyance en la richesse philosophique, en la beauté du livre que je lisais, et mon désir de me les approprier, quel que fût ce livre. (…) Enfin, en continuant à suivre du dedans au dehors les états simultanément juxtaposés dans ma conscience, et avant d’arriver jusqu’à l’horizon réel qui les enveloppait, je trouve des plaisirs d’un autre genre, celui d’être bien assis, de sentir la bonne odeur de l’air, de ne pas être dérangé par une visite ; et quand une heure sonnait au clocher de Saint-Hilaire, de voir tomber morceau par morceau ce qui de l’après-midi était déjà consommé, jusqu’à ce que j’entendisse le dernier coup qui me permettait de faire le total et après lequel le long silence qui le suivait semblait faire commencer dans le ciel bleu toute la partie qui m’était encore concédée pour lire jusqu’au bon dîner qu’apprêtait Françoise et qui me réconforterait des fatigues prises, pendant la lecture du livre, à la suite de son héros. » (p. 83 et 86)

Mais malgré tout le « fétichisme » que peut engendrer la lecture de la Recherche, malgré toute la prétention culturelle dont j’ai parlé au début, il ne faut pas hésiter à désacraliser cette lecture et s’y embarquer car on peut vite y développer une certaine addiction. Comme pour Woolf d’ailleurs. Les deux ont en commun, non seulement un rapport particulier au temps mais aussi un sens de l’humour méconnu. Celle qui m’a incontestablement le plus fait rire dans la première partie, c’est Léonie, la vieille chochotte clouée dans son lit, pour qui les détails les plus triviaux (le spectacle de la rue du paisible Combray entraperçue derrière le rideau de sa fenêtre) prennent une coloration dramatique extraordinaire. Avec sa domestique Françoise, elle personnifie toute l’insignifiance de la vie de province, vie immobile, mesquine, pétrifiée de préjugés, mais aussi attendrissante dans sa naïveté.

« On connaissait tellement bien tout le monde, à Combray, bêtes et gens, que si ma tante avait vu par hasard passer un chien ‘qu’elle ne connaissait point’, elle ne cessait d’y penser et de consacrer à ce fait incompréhensible ses talents d’induction et ses heures de liberté.

‘Ce sera le chien de Mme Sazerat’, disait Françoise, sans grande conviction, mais dans un but d’apaisement et pour que ma tante ‘ne se fende pas la tête’.

‘Comme si je ne connaissais pas le chien de Mme Sazerat !’ répondait ma tante dont l’esprit critique n’admettait pas facilement un fait.

‘Ah ! ce sera le nouveau chien que M. Galopin a rapporté de Lisieux.

– Ah ! à moins de ça.

– Il paraît que c’est une bête bien affable’, ajoutait Françoise qui tenait le renseignement de Théodore… » (p. 57-58).

J’ai beaucoup aimé la grand mère du narrateur aussi, amoureuse du naturel, de l’éducation au grand air, des herbes folles et de la beauté sans apprêt. Avec Françoise, ce sont peut-être les deux personnages les plus attendrissants de ce premier tome (à ne pas confondre avec la grand tante, vraisemblablement la sœur de la grand mère, qui est une vraie tête à claque).

« Mais ma grand-mère, elle, par tous les temps, même quand la pluie faisait rage et que Françoise avait précipitamment rentré les précieux fauteuils d’osier de peur qu’ils ne fussent mouillés, on la voyait dans le jardin vide et fouetté par l’averse, relevant ses mèches désordonnées et grises pour que son front s’imbibât mieux de la salubrité du vent et de la pluie. Elle disait : ‘Enfin, on respire !’ et parcourait les allées détrempées – trop symétriquement alignées à son gré par le nouveau jardinier dépourvu du sentiment de la nature et auquel mon père avait demandé depuis le matin si le temps s’arrangerait – de son petit pas enthousiaste et saccadé, réglé sur les mouvements divers qu’excitaient dans son âme l’ivresse de l’orage, la puissance de l’hygiène, la stupidité de mon éducation et la symétrie des jardins, plutôt que sur le désir inconnu d’elle d’éviter à sa jupe prune les tâches de boue sous lesquelles elle disparaissait jusqu’à une hauteur qui était toujours pour sa femme de chambre un désespoir et un problème. » (p. 11).

Et quelques pages plus loin : « … on envoyait en éclaireur ma grand-mère, toujours heureuse d’avoir un prétexte pour faire un tour de jardin de plus, et qui en profitait pour arracher subrepticement au passage quelques tuteurs de rosiers afin de rendre aux roses un peu de naturel, comme une mère qui, pour les faire bouffer, passe la main dans les cheveux de son fils que le coiffeur a trop aplatis. » (p. 14). Voilà exactement ce genre de petits détails (la grand-mère qui n’aime pas la trop grande symétrie du jardin et qui trois pages plus loin arrache en cachette des tuteurs de rosiers) qui rend la lecture de Proust si croustillante.

Pour découvrir des avis éclairés sur Proust, il faut aller sur le blog de Mark et Marcel dont le titre est lui-même révélateur, ou consulter les billets de Keisha (qui est d’accord avec moi au sujet de la grand mère) et d’Irène.

« Du côté de chez Swann » de Marcel Proust, 1er tome d’A la recherche du temps perdu, Folio Gallimard, 1988, 420 p.

Au cinéma : « Lion »

Résultat de recherche d'images pour "lion le film"C’est devenu rare que j’aille au cinéma, et encore plus rare que je pleure d’émotion dans la salle obscure, mais c’est bien ce qui est arrivé l’autre soir devant « Lion » : l’histoire (vraie) de Saroo, un petit garçon indien monté par mégarde dans un train qui l’emmena loin, très loin de chez lui, jusqu’à Calcutta. C’était dans les années 1980. Incapable de prononcer correctement le nom de son modeste village et son propre nom, impossible pour lui de rentrer chez lui. Livré à la rue, de décharge en orphelinat, à la merci des réseaux de trafic d’enfants, il fut finalement adopté par un couple d’Australiens aimants auprès de qui il grandit heureux, devint un adulte épanoui, et oublia sa famille, sa langue maternelle et jusqu’à la façon de manger avec les doigts. 25 ans après, chez des amis indiens de Melbourne, il mange un « jalebi » qui fait remonter en lui tous les souvenirs de son enfance indienne… S’ensuit une quête longue et tortueuse pour identifier son village d’origine et espérer retrouver sa mère et son grand frère…

Ce film est bouleversant. Sans doute en raison de l’interprète du petit Saroo, merveilleux chérubin à la voix éraillée comme Donald Duck, aux grands yeux curieux et confiants. Sa relation avec son grand frère adolescent est extrêmement touchante. Tous les deux vivent de petits trafics pour subvenir aux besoins de base de leur famille très pauvre (l’existence du père n’est pas évoquée et la mère travaille dans une carrière de pierre). Au début du film, on les voit sauter sur un train en marche pour récupérer quelques pains de charbon qui y sont transportés, afin de les échanger au marché contre… deux litres de lait ! Mais ces deux-là sont toujours gais, le grand frère, « Guddu », étant très protecteur vis-à-vis de Saroo, d’une tendresse paternelle très émouvante chez un jeune garçon. Le moment le plus fort du film est incontestablement celui où Saroo se retrouve « emprisonné » dans un train vide qui roule quasiment sans s’arrêter, pendant deux jours, jusqu’à cet endroit inconnu de lui, où les gens parlent une langue différente, Calcutta… Ville grouillante, où les enfants des rues sont légion. Des enfants premières victimes de la rapacité des trafiquants. Tout ceci nous est suggéré et nous prend à la gorge. On respire un peu quand Saroo est finalement adopté et s’envole pour la Tasmanie, mais cette partie-là du film est la moins intéressante et souffre de quelques longueurs : Nicole Kidman a beau jouer à merveille l’Occidentale altruiste et fragile à la fois, son personnage et celui de son mari font pâle figure à côté des personnages indiens (sans mauvais jeu de mot). Mantosh, le frère adoptif de Saroo, lui aussi originaire d’Inde, et victime certainement d’un grave traumatisme aurait pu être plus travaillé (en opposition à Saroo). La petite amie du Saroo adulte est intéressante mais son personnage n’est pas assez développé. Et surtout, que de longueurs dans l’anamnèse difficile du passé d’un Saroo complètement occidentalisé ! Au moins cela fait comprendre ce qu’a eu de pénible, d’obsédant et de presque aliénant ce retour aux origines. Je vous laisse découvrir la fin…

Saroo a écrit son histoire qui a été publiée en 2013 sous le titre A long way from home. Avec des histoires comme ça, la fiction n’a qu’à bien se tenir !

💙 Et sinon… bon vendredi saint 💛

Liebster Award

ob_e902e1_liebster-awardComme je n’en finis pas de finir de lire Du côté de chez Swann, autant agrémenter ce blog par un petit tag, tiens !

« Maman BCBG« , une blogueuse qui a ouvert au début de l’année son espace plein de peps et d’humour sur la toile m’a taguée pour les Liebster Awards. J’avais déjà croisé ce tag, il consiste à dire 11 choses sur soi, à répondre à 11 questions posées par le « tagueur » et à en poser 11 nouvelles à de futurs tagués (tremblez !)

Je sais que certains se lassent des tags, mais moi je suis encore dans ma phase de découverte émerveillée des us et coutumes du copinage entre blogs (le swap, c’est fait, je coche), c’est donc avec grand plaisir que je vais vous parler un peu plus de moûa (et pan, 10/10 sur l’échelle de Richter du narcissisme :D…)

C’est parti pour les 11 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur moi :

1- J’ai 31 ans (il faut bien commencer quelque part).

2- Je procrastine beaucoup dans tous les domaines (c’est pourquoi je tiens un blog au lieu d’un planning bien rempli et de to-do lists à jour).

3- J’emmène mes deux filles à pied à la crèche, et pour rendre ce trajet moins impersonnel, je leur chante des chansons. Je fais juke-box souvent : ma grande (deux ans et demi) me demande ses chansons préférées (« les petits poissons dans l’eau », « j’aime la galette », « petit escargot » et « il est né le divin enfant »). C’est ainsi que les passants ébahis croisent une « Radio maman » ambulante tous les matins :’D

4- Je déteste parler au téléphone car j’ai besoin de voir les gens en « vrai » pour bien les comprendre (pourtant, Mamie n’a aucun problème d’audition). Et je déteste encore plus écouter mes messages vocaux sur mon répondeur. Du coup je ne les écoute jamais, sachez-le, et ma boîte vocale est obèse et dépressive.

5- Après avoir vécu à Mexico quand j’étais ado, j’ai vécu un an à São Paulo quand j’avais 20 ans. A côté de ces mégapoles, Paris me semble un village (mais je suis bien contente d’en être partie quand même).

6- Je suis catholique pratiquante.

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7- Mon mari trouve que j’ai un talent d’imitation et que je devrais faire du théâtre (mais je ne saute jamais le pas).

8- J’ai été prof d’histoire-géo deux ans en lycée/collège, et ça fait maintenant bientôt 5 ans que je fais une thèse d’histoire (sauvée, j’aperçois la lumière au bout du tunnel !)

9- Quand on me demande comment je fais pour « retenir autant de dates », je pourrais répondre que je vois les années et les siècles comme reliés sur une bande qui se déploie en 3D, avec des couleurs, voire des sons et des images. Tout ça dans ma tête. #Rainman

10- Sans surprise, je lis comme une goinfre depuis que ma grand mère m’a appris à lire à
l’âge de 4 ans dans la traditionnelle méthode Boscher. Même si en ce moment, j’ai ralenti ma cadence.Résultat de recherche d'images pour "méthode boscher"

11- Je ne fais jamais de sport, mais quand j’en fais, j’aime la course, le ski et l’escalade. Et me baigner dans la mer, surtout quand il y a de grosses vagues !

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Mulan de Walt Disney, à qui je m’identifie sur pas mal de points…

Bien on passe maintenant aux questions que me pose Maman BCBG (pfiouh, comme une légère impression de faire un triathlon là !)

1- Si tu étais obligé de te faire un (nouveau) tatouage, que représenterait-il, et où le ferais tu? 

Déjà j’aime cette question, car je sais que je ne sauterais le pas du tatouage pour rien au monde, donc je peux laisser libre cours à mon imagination. Et après moult cogitations, je crois que je me ferais faire un soleil et une lune « emboîtés » dans le haut du dos, un motif qu’on retrouve beaucoup dans l’artisanat mexicain.

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2- Si tu pouvais choisir un super pouvoir, ce serait?

Sans hésitation cette fois : le pouvoir d’étirer le temps (qu’une minute puisse durer une heure par exemple, surtout les matins de semaine) et de voyager dans le temps (et merci, ça vient de me donner une idée de question pour la suite).

3- Qu’est ce qui te fait fuir sur un blog?

Eh bien comme dirait Monsieur de la Palisse : les billets inintéressants.

4- Ton plus gros défaut?

Je l’ai déjà dit, non ? La procrastination… et un côté pas très fiable du coup (le truc qui tue un entretien d’embauche haha, heureusement que je suis fonctionnaire).

5- Ta plus grande qualité?

Bon, c’est fini ces questions de DRH ? 😉 Allez, on va dire une capacité à s’adapter à toutes les situations, avec humour si possible.

6- Si tu étais un animal, lequel serait-ce? Pourquoi?

Sans trop d’hésitation : un dauphin. Un truc qui a un lien avec mon prénom (non, je ne m’appelle pas Flipper). Ils sont intelligents, empathiques, affectueux, amphibies… Des qualités qui me touchent.

7- le truc le plus bizarre que tu aies mangé? 

Un escargot « cuisiné » par une copine quand j’avais 10 ans.

8- La plus grosse bêtise que tu aies faite petit?

J’avoue que j’ai beau me creuser la tête, je ne me rappelle pas d’une belle grosse bêtise dont on se souvient avec une indulgence amusée. Je me rappelle simplement avoir fait bien peur à ma mère en la distançant à pied dans la rue avec ma meilleure amie quand j’avais 7-8 ans. Elle m’avait tout simplement retrouvée devant le portail de la maison mais ça n’avait pas suffi à calmer sa colère 😦

9- Si tu étais président, quelle serait ta première mesure, celle dont l’histoire se souviendrait? 

Je ne vais être ni originale, ni la première à formuler ça : réformer l’école… #mortpolitique

10- Montagne ou mer? 

Les deux mon général. J’aime autant l’une que l’autre.

11-Ton épisode de Star Wars préféré?

Je passe ! Je ne les ai pas tous vus, et ceux que j’ai vus, ben je m’en rappelle plus.

Et maintenant, troisième partie du triathlon, voici les questions que j’aimerais poser aux personnes que je vais taguer à tous ceux que ça amuse de répondre.

1- Si tu pouvais voyager dans le temps, à quelle époque remonterais-tu ?

2- Cite-moi une ou plusieurs de tes activités préférées, celles qui te ressourcent le plus.

3- Pour toi, bloguer c’est…

4- Qui vas-tu voter aux présidentielles Vas-tu voter aux présidentielles ? (Je sais, on avait dit pas de politique haha)

5- Quel(s) genre(s) littéraire(s) préfères-tu ?

6- Quels sont tes trois livres préférés ?

7- Serais-tu capable de sauter à l’élastique un jour (ou en parachute) ?

8- Quelle est ta définition du bonheur ? (Vous avez deux heures)

9- Le pays que tu rêves de découvrir ? Pourquoi ? (Partir un jouuuur…)

10- Quel problème aimerais-tu résoudre dans le monde ? (Mon côté miss France)

11- Une habitude ou un goût inavouable ? (Celle-là c’est cadeau)

Voilà, maintenant c’est à vous ! Je suis censée nominer 11 blogs pour répondre à ces 11 fabuleuses questions, mais le problème c’est que ce tag ayant déjà bien tourné, beaucoup des blogs que je connais y ont donc déjà répondu… Je tague donc mes copines Lili et Rosa (c’est ça l’amitié) mais aussi Depuis l’écritoire pour l’inciter à réveiller son blog. Florence et Pauline aussi, si ça vous dit. Sentez-vous libres les filles ! Et quiconque passe par là et a envie d’y répondre, je peux le taguer sur demande…

Et voici la réponse de Rosa.

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PS : je rappelle les règles du Liebster Award en copiant-collant le texte de Maman BCBG (flemme) : Mentionner le blog qui vous a nominé, citer onze caractéristiques vous concernant. Répondre à mes petites questions. Nominer à leur tour onze blogs de moins de 200 abonnés, sans oublier d’insérer leur lien & de les informer de cette nomination. Ne pas oublier de prévenir le blog qui vous a nominé que votre billet est en ligne ! Et…faire la liste des 11 questions que vous posez aux  blogs que vous choisissez de nominer (ça fait beaucoup de fois le mot « nominé » non?)

Swap #1

Ô joie ! La réception de mon premier swap !

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En m’excusant pour la piètre qualité de mes photos…

Quand j’ai commencé à bloguer, j’ai découvert tout un monde et tout un jargon dont je me sentais, faut-il le dire, un peu exclue (comme le nouveau qui arrive dans une classe qu’il ne connaît pas et pense qu’il ne pourra jamais se faire d’amis). Dans ce nouvel univers, une pratique bien sympathique suscitait ma convoitise, c’était les swaps ! Je me disais qu’il fallait être bien introduit pour être invité à participer à ces échanges savoureux de bonnes choses : livres, papeterie et gourmandises, le tout arrosé de thé (pas de doute, les blogueuses savent vivre même si pour ma part, je suis d’abord et avant tout une buveuse de café ! Le thé, c’est ma part de civilisation.)

Combien mon petit cœur a donc palpité quand Lili m’a proposé de faire un swap au mois de janvier ! L’année commençait bien. Bon, j’ai illico commencé à stresser un peu, car qui dit recevoir un colis de bonnes choses, dit en envoyer aussi, et… je craignais de ne pas être à la hauteur. Mais j’y ai mis du mien et… Lili vous parle du colis que je lui ai envoyé ici (avec genre deux semaines de retard par rapport au sien, et la mauvaise idée de mettre un recommandé avec avis de réception… Mais elle est sympa, elle ne m’en a pas voulu !).

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Début mars, j’ai donc reçu un gros paquets remplis de cadeaux bien emballés. Je les ai déballés promptement, retrouvant la joie de découvrir les surprises qui s’y nichaient…

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Dans notre swap, nous nous étions mises d’accord sur le fait d’inclure trois livres. Lili m’a envoyé trois de ses coups de cœur : « Kinderzimmer » de Valentine Goby, « Le livre des nuits » de Sylvie Germain et « Cristallisation secrète » de Yôko Ogawa. Trois livres aux thèmes puissants : la guerre, les camps, la mort, l’asservissement, mais aussi la lutte pour la continuité, l’amour, la transmission familiale, la beauté… La vie dans ses aspects les plus contrastés. Trois auteurs que je me fais un plaisir de découvrir à mon tour ! J’avais noté Sylvie Germain et Valentine Goby dans mes envies. Et en prime, Lili m’offre de découvrir une auteur japonaise vers laquelle je ne serais pas allée spontanément. Et pourtant, petite coïncidence, j’ai aussi envoyé un livre d’une romancière japonaise à Lili (« La cigale du huitième jour » de Mitsuyo Kakuta). Ce swap a une couleur japonaise, comme vous allez le voir (ça tombe bien, le Japon fait partie du trio de pays qui me fascinent par leur étrangeté, avec l’Iran et le Portugal) (et peut-être la Mongolie).

(Accessoirement, j’aime beaucoup les éditions Actes Sud : non seulement les auteurs qu’ils publient, mais aussi le format et l’aspect même de leurs livres me plaisent inexplicablement. Je suis irrésistiblement attirée par leurs couvertures !)

Un mot sur le sublime marque page. Je n’utilisais pas de marque page avant. Mais ça c’était avant (de copier mes camarades blogueuses qui m’inoculent toutes leurs manies). C’eut été bien dommage de passer à côté d’une si belle image, qui me fait parfois interrompre ma lecture pour rêver un peu devant ce paysage brumeux de la Creuse, cette région qui m’est presque aussi mystérieuse et lointaine que le Japon. 😉

Parlons du reste : Lili m’a gâtée ! Ses petits cadeaux ont égayé une journée grise de semaine (et rendu jaloux mon mari). Il y a eu du thé bien-sûr, un délicat thé vert aromatisé de vanille et de cerise, dont le nom et le parfum me transportent au pays des cerisiers en fleur (le Japon donc). Et son mug, un vrai mug de princesse ! Je les ai aussitôt étrennés. D’autant que j’avais aussi des petites douceurs pour agrémenter mon quatre heures : notamment de moelleuses bouchées à la noix de coco, made in Japan là encore (je crois que c’est un signe, il faut que je me rende là-bas !) Et pour tenir la barre : du chocolat. La valeur sûre ! (Toutes ces douceurs ont déjà été depuis longtemps englouties, et pas que par moi, mais heureusement les livres mettent plus de temps à être savourés).

Mais Lili ne s’est pas arrêtée là, puisqu’elle m’a aussi offert un joli petit carnet à la couverture très expressive (j’y noterai mes impressions de mes futures lectures, et sans surprise, Virginia Woolf est au programme !) Et enfin, de la poudre d’argile rose dont l’odeur est sublime et l’effet très rajeunissant pour mes toutes premières rides et mon teint fatigué par des nuits hachées.

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Restaurée, rafraîchie, renouvelée par tous les petits trésors de ton colis, tu m’as convertie aux swaps Lili : quand remet-on ça ??

Pour voir le colis que je lui ai envoyé, c’est ici.

Antoine Bello, Les producteurs

bello producteursTroisième et dernier volet de la trilogie des Falsificateurs, les Producteurs narrent les nouvelles aventures de l’Islandais Sliv Dartunghuver et ses amis du Consortium de Falsification du Réel (CFR), cette fois de 2008 à 2012. On les avait quittés bien penauds dans le tome précédent (les Eclaireurs) car indirectement responsables du 11 septembre et de la guerre d’Irak. L’ambiance morose de ce second tome n’est plus de mise ici, on retrouve même toute la légèreté et l’euphorie du premier ! Il faut dire que le CFR a frappé très fort en favorisant l’élection d’Obama…

Eh oui, Obama, c’était il y a dix ans chers lecteurs…De là à en conclure que le CFR est derrière l’élection de Trump, ou que c’est un gros raté de leur part (si c’est le cas, Yacoub a dû être viré du Comex !), il n’y a qu’un pas à franchir, celui qui sépare réalité et fiction, que Bello contribue drôlement à flouter.

Et en effet, ce qui m’a le plus retenu à la lecture de ce 3e tome, c’est le thème de l’art de raconter une histoire. Non seulement cela devient un enjeu pour Sliv à travers sa rencontre avec Ignacio Vargas, l’as du storytelling qui conseille magnats de l’industrie pharmaceutique, patrons de l’immobiliers ou producteurs d’Hollywood, et facture ses services à prix d’or, à la hauteur des résultats sonnants et trébuchants que peut rapporter une bonne histoire diffusée à bon escient. Mais les ficelles du métier qu’Ignacio enseigne à Sliv, Antoine Bello les utilise lui-même pour nous raconter son histoire de CFR : l’art de bien camper ses personnages afin de les rendre attachants, l’art de trousser des rebondissements au bon moment, de créer de la tension, de favoriser l’identification, de produire du mythe, de retenir l’attention, d’émouvoir… Bello en somme montre que la réalité n’existe pas, seules les bonnes histoires existent. Nos souvenirs ? Ce sont des assemblages de faits que notre esprit coordonne pour en faire une histoire cohérente, apte à satisfaire nos besoins psychologiques. L’idée peut sembler grossière à première vue mais ne constatons-nous pas, chaque jour, combien nous ne sommes pas d’accord avec nos contemporains sur une foule de sujets, petits ou grands, y compris par exemple sur la couleur du canapé que mon mari s’obstine à voir bleue quand je la vois grise (hahaha). La réalité, semble dire Bello, est soit la version du plus fort, soit le résultat d’un compromis entre toutes les parties. Evidemment, il soutient la deuxième solution et tout le roman (mais déjà, avant lui, les deux premiers tomes où Sliv s’échinait à découvrir la finalité du CFR) est une ode aux valeurs de la concorde, de l’empathie, du consensus et du multiculturalisme.

Cette concorde, Lena et Sliv, nos deux « jumeaux antagonistes », sont résolus à enfin la produire ici et maintenant en créant une fabuleuse civilisation maya où la concorde était le maître mot de la vie en commun. A travers une rocambolesque mise en scène de la découverte d’une épave au large de Veracruz, dans le golfe du Mexique, le monde entier a les yeux rivés sur le dévoilement de deux (faux) codex mayas expliquant les règles de cette société imaginaire plus vraie que nature… et qui expliquerait le vrai sens de la fatidique date du 21 décembre 2012 : non pas la fin du monde mais le début d’un nouveau cycle (un baktun en langage maya) que Sliv et Lena espèrent placer sous le signe de la concorde universelle. Mais ils sont menacés dans l’agenda médiatique par l’explosion du volcan islandais impossible à se rappeler le nom et par le naufrage d’un pétrolier de la BP au large de la Floride.

Amusant de se remémorer ces événements pas si anciens que l’actualité a pourtant si vite chassé de nos esprits. L’entrelacement entre fiction et réalité est si bien réalisé que je ne peux m’empêcher, maintenant, de relire chaque événement d’actualité sous l’angle d’un bon « scénario » du CFR ! Cela permet notamment de relativiser la manière dont l’information nous est transmise par les médias (voire nous faire basculer dans le côté obscur du complotisme). Les réseaux sociaux qui font leur grande apparition dans ce tome sont évidemment mis à l’honneur pour « produire » le réel. Il n’est pas jusqu’à un « macguffin » qui entretient le suspense durant tout le roman, qui contribue encore à montrer combien la réalité s’inspire de la fiction (et la dépasse parfois !)

La réconciliation de Lena et de Sliv (et le dévoilement du passé de la Danoise) est un autre thème sympathique du 3e tome, ainsi que les nouveaux personnages, solaires et loufoques, qui apparaissent dans ce récit. Mais j’avoue que je me suis moins sentie émotionnellement attachée à eux, peut-être parce que je m’apprêtais à leur faire mes adieux à la fin de ce livre, mais plus sûrement parce qu’ils ne m’apparaissaient plus que comme des pions soumis au bon vouloir de leur auteur, ce cher Antoine Bello.

Bref un tome qui clôt agréablement la trilogie même si la fin, qui relève de la pirouette, m’a laissée un peu sur ma faim. Si j’apprécie énormément l’art romanesque de Bello, je trouve que, comme un Tonino Benacquista par exemple, il ne me touche que jusqu’à un certain degré. Finalement le message qu’il veut graver dans le cœur du lecteur reste assez basique : parvenir à la concorde en sachant se mettre à la place des gens… C’est déjà une magnifique ambition vous me direz, mais pour moi cela ne résume pas le sens de la vie comme semble le penser l’auteur, et sa façon presque publicitaire de mettre son message en scène m’amuse sans m’émouvoir plus que ça.

« Les producteurs » d’Antoine Bello, Gallimard Folio, 2016, 576 p.