Ian McEwan, Expiation

Ian-McEwan-ExpiationEn 1935, dans une famille de notables britanniques, la jeune Briony, 13 ans, s’éveille au plaisir d’écrire. Elle est aussi la spectatrice cachée des amours naissantes de sa grande sœur et du fils de la femme de chambre, amours qu’elle ne comprend pas et interprète de travers. La venue de ses cousins, dont une troublante Lola de 15 ans, et d’un ami de son grand frère va précipiter la survenue d’un drame qu’elle mettra une vie à expier (d’où le titre, CQFD).

Et voilà, encore une tragédie grecque, encore des traquenards sur fond de fresque historique à la Robert Goddard, encore un roman délicieusement anglais, c’est-à-dire traître ;-). Mais là en plus, Ian McEwan pousse le vice jusqu’à déjouer notre identification à la fiction, base naturelle du roman, accord implicite entre le romancier et son lecteur ! C’est du vice, ça ma bonne dame, pas autre chose !

J’ai énormément goûté la lecture de ce livre qui, pour finir, m’a haché menu mon cœur de midinette car son chapitre de fin, ah cette fin ! si elle est magistrale et virtuose, m’a indignée, non mais !

Goûté la lecture de ce livre car il est remarquablement bien écrit. La première partie, qui s’attache à Briony, retrace de près sa vie intérieure, ses sensations et sentiments de manière très juste : un petit côté proustien qui s’allie avec le déroulement fatal et régulier de l’action (dont on se demande où elle nous mène). On s’ennuie avec Briony, on ressent l’atmosphère de la grande maison silencieuse, de la chaleur estivale sur les peaux, des bruits insolites du parc… et l’on suit, le cœur battant progressivement plus vite, le dédale des relations des personnages entre eux (aile de papillon, quand tu nous tiens, c’est l’ouragan qui vient !). La deuxième partie se passe en France, lors de la Débâcle de mai 1940 où l’on suit la fuite haletante de trois soldats anglais (dont… je ne vous dirai pas qui) dans un cadre apocalyptique (brrr). Enfin la troisième partie revient à Briony, une Briony de 18 ans sous la menace des bombes du Blitz, qui a mûri, qui regrette sa faute et qui cherche à la réparer. La quatrième partie est inracontable et impensable.

Donc oui, je recommande chaudement la lecture de ce livre, mais vous courez le risque, la dernière page retournée, de jeter le livre par terre et pleurer sur les amours perdues (il faudrait un jour s’interroger sur cette propension à s’attacher à des personnes qui n’existent pas en chair et en os…).

Sur ce même livre, je signale la chronique de Galéa qui m’a donné l’envie de découvrir cet auteur.

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6 commentaires sur « Ian McEwan, Expiation »

  1. Rebonjour ellettres, pour moi, Expiation est le meilleur roman de Ian McEwan. J’ai lu au moins 5 ou 6 romans de cet écrivain. En revanche, l’adaptation cinéma ne m’avait pas paru à la hauteur. Bonne après-midi.

    1. C’est un roman excellent, très fin, très subtil, très bien mené, avec un twist final qui m’avait bien pincé le cœur (je crois même que j’en avais été très fâchée ! Genre « non, c’est pas possible qu’il me fasse ce coup-là ! »)

  2. « Petit côté proustien » chez toi, « j’ai pensé à Virginia Woolf » chez Lili. Pourquoi n’ai-je encore rien lu de cet auteur? Je vais sans doute commencer par Expiation. Ce que tu (ne) dis (pas) de la fin m’intrigue.

  3. Un roman à l’anglaise, qui nous rappelle un peu la plume de Jane Austen. On tombe toutes sous le charme du beau Robbie et on sympathise avec Cecilia lorsqu’elle perd l’amour de sa vie.
    Larmes et mouchoirs garantis !

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