Dennis Lehane, Shutter Island

Comme Le meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie, ou La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil de Sébastien Japrisot, Shutter Island fait partie de ces thrillers génialement construits dont le twist final donne derechef envie de relire le bouquin sous un nouveau jour. Mais comme les deux livres susmentionnés, ce twist empêche d’en dire grand chose sous peine de le divulgâcher (que j’aime ce néologisme !).

Et ça me convient très bien car je suis un peu paresseuse en ce moment.

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Nous suivons le marshall fédéral Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule qui, par une belle matinée de 1954 se rendent à Shutter Island, une petite île au large de Boston qui abrite un établissement mi-pénitentiaire, mi-psychiatrique (d’emblée, ce côté fort Boyard vous rend claustrophobe !) Les marshalls enquêtent sur la disparition d’une patiente, façon « Mystère de la chambre jaune ». Une fois sur l’île, on se trouve dans un monde réellement à part. Le labyrinthe des pavillons ponctué par un phare aussi mystérieux que sinistre, les protocoles de sécurité qui défaillent à l’occasion, et les motivations de chaque personnage qui se révèlent par étapes – patients, médecins, aide-soignants, marshalls – se nouent pour créer une énigme de plus en plus sombre et oppressante.

Ne cherchez pas plus loin : si vous voulez faire vibrer vos nerfs au rythme de la guirlande clignotante de votre sapin – la délicate métaphore que voilà – édit : j’ai rédigé ce billet avant Noël – cet opus de Dennis Lehane est une « master piece », contrairement à Mystic River qui m’avait beaucoup déçue. Nous sommes « enfermés » dans cette île sinistre avec Teddy Daniels, et la pression monte, monte, monte, comme cet ouragan qui se déchaîne au même moment. Nous voyons l’étau se refermer sur l’enquêteur et jusqu’au bout nous nous demandons s’il ne va pas se « faire avoir » par les méchants médecins. Son caractère taciturne et son côté « Action Man » qui défie les forces des hommes et de la nature m’a fait jubiler.

Et puis, cerise sur la camisole, nous glissons dans l’univers fascinant de la psychiatrie et des grandes tendances qui le traversent dans les années 1950, entre les partisans du traitement des patients par électrochocs/lobotomies, ceux qui penchent pour les neuroleptiques, ou encore ceux qui privilégient la psychanalyse. Les échantillons de patients qui pointent le bout de leur nez ont l’air fichtrement zinzins ou terriblement rationnels, mais surtout complètement crédibles, au point que l’on oscille constamment entre l’horreur de leurs actes et la pitié. J’ai eu l’impression d’être moi-même un peu schizo à la lecture, et de voir des signes partout, sans même parler des codes chiffrés semés sur le chemin des deux marshalls. La peur de la contagion de la folie nous guette ! La structure du roman, avec les va-et-vient des marshalls et leur rapprochement progressif du cœur des bâtiments C (les détenus les plus dangereux) y sont sûrement pour quelque chose.

Cette histoire m’a hantée, sans qu’il n’y ait rien de gore (à part les colonies de rats sur la plage…) Et pourtant je n’avais pas vu venir le coup de massue final qui m’a dessillé les yeux comme un bon traitement par électrochocs.

Et, marque d’un thriller qui transcende le genre, il y a beaucoup d’humour dans les dialogues, une histoire d’amour tragique, et des histoires de guerre en Europe mémorables.

Je n’ai pas vu le film, qui est bon paraît-il mais reste abscons. Je ne peux que conseiller la lecture de ce thriller génial… et très humain en somme.

L’avis de Belette qui m’avait donné envie de le lire.

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Catherine Cusset, Le problème avec Jane

Une première pour moi que la lecture d’une oeuvre de cette romancière. Comme Galéa en parle avec enthousiasme, j’ai eu envie de découvrir cette écrivaine française contemporaine.

En fait d’écrivaine française, nous sommes introduits au personnage principal de curieuse façon. Jane est une jeune universitaire américaine spécialiste de Flaubert. Elle découvre un matin un paquet arrivé pour elle. A l’intérieur, un manuscrit dont les premiers mots la concernent puisqu’il est intitulé « Le problème avec Jane ». Cela se confirme avec les chapitres suivants : ce manuscrit anonyme a bien pour objet elle-même, car ils retracent son parcours depuis son arrivée à l’université de Devayne en tant que jeune professeur, ses déboires avec les hommes et ses collègues, ses difficultés à faire reconnaître ses mérites académiques, ses désirs pas toujours suivis d’effets. Le manuscrit s’achève avec cette phrase : « En bas elle trouva le paquet avec le manuscrit ».

Voilà un roman construit sur une idée originale, le principe de la mise en abyme. Entre chaque chapitre du manuscrit que nous lisons avec elle, Jane se demande qui a bien pu écrire sa biographie en collant si parfaitement aux faits et même à ses propres sentiments. Tour à tour elle soupçonne d’anciens amants, son ex-mari, ses collègues, sa meilleure amie, sa voisine… Cela donne un petit côté thriller bien relevé à ce récit d’une éducation sentimentale qui semble par moments bien piteuse (pour rester dans le registre flaubertien). Flaubert est d’ailleurs une sorte de personnage lui-même, une statue du commandeur dont le style « viril » est analysé par Jane en contraste à sa propension féminine à l’apitoiement et au bovarysme.

Le suspense, pas désagréable sans être non plus lancinant, est préservé jusqu’au bout. Le genre du « campus novel », si prisé outre-Atlantique, est magistralement rendu par cette romancière française qui vit aux Etats-Unis et nous offre une vision française d’une réalité américaine qu’elle connaît bien. Et ça, j’avoue que ça me parle car je connais un peu le monde de la recherche en sciences sociales en France et je retrouve certains points communs : la morgue de certains mandarins, l’aliénation des jeunes chercheurs (chacun dans son coin), l’empilement de tâches administratives… (En revanche, les colloques à Hawaï ça nous manque en France !).

Il y a juste le personnage de Jane avec qui j’ai eu un problème justement, au point que ça a dû être un effet recherché par l’auteur : un peu chichiteuse ou gnangnan, tendance « je me noie dans un verre d’eau », l’enjeu pour moi a été de savoir si elle allait finalement réussir à prendre le taureau par les cornes ! Réponse sous forme de pirouette (à la limite de la vraisemblance) à la fin 😉

En résumé : un roman bien construit, un style sans ornement qui ne perd pas le rythme, un sujet pas excessivement transcendant mais intéressant. Je ne regrette pas de l’avoir lu ni de l’avoir acheté aux puces, même si probablement les prochains Cusset que je lirai seront empruntés à la bibliothèque car je n’ai pas ressenti de coup de cœur envers ce livre que tous les cussetophiles révèrent.

Le roman a reçu le grand prix des lectrices de Elle en l’an 2000.

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« Le problème avec Jane » de Catherine Cusset, Folio, Gallimard, 2001, 459 p.

Tonino Benacquista, Saga

Afficher l'image d'origineLe talent d’un scénariste se mesure à sa capacité à créer un monde autonome, avec ses lois, ses lignes de force, ses personnages principaux, ses retournements, son esprit propre. Bref, il arrive qu’un scénariste se prenne pour Dieu lui-même !

C’est un peu l’histoire de Saga qui raconte la saga de quatre scénaristes sur le carreau attelés à la scénarisation d’un feuilleton télévisé appelé « Saga ». Seule contrainte qui leur est imposée : le feuilleton étant destiné à « remplir » les grilles de la chaîne par de la « création française » pour respecter des quotas, il passera entre 4 et 5 heures du matin, ne sera vu que par une poignée de gens et ne doit donc exiger qu’un budget réduit au minimum : scènes exclusivement en intérieur, huit personnages au maximum. A partir de là, Louis le quinqua has-been, Mathilde la romancière à l’eau de rose, Jérôme le créateur plagié et Marco le narrateur, jeune poulain voulant à tout prix entrer dans la profession ont carte blanche, ils peuvent faire littéralement « n’importe quoi ». Et ils ne vont pas s’en priver ! Partant du schéma classique de deux familles voisines de palier dont le profil social s’oppose, ils vont progressivement dévier vers les situations les plus invraisemblables, au grand bonheur de leurs fans qui ne font que s’accroître, contre toute attente.

C’est un peu l’histoire de Tonino Benacquista, lui-même scénariste pour la télévision et le cinéma. Il en profite pour épingler avec bonheur le petit monde des scénaristes, des producteurs et des patrons de chaîne, les phénomènes d’identification de masse suscitées par certaines séries TV dans le public, et tout le pataquès intellectuel qui est servi par les sciences sociales autour de ces émissions cultes, cherchant des sens profonds et cachés à des histoires qui n’étaient au départ écrites que pour amuser la galerie ou satisfaire un cahier des charges. A dessein ou à son insu, Benacquista nous offre un aperçu saisissant du pouvoir transformant de la fiction, mais aussi de sa capacité à prévoir l’avenir : ses scénaristes n’imaginent-ils pas une scène de catastrophe apocalyptique s’abattant sur New York dans leur « Saga », alors que Saga – le livre – a été publié trois ans avant un certain 11 septembre 2001 ?

Si j’ai vraiment beaucoup aimé toute la première partie concernant le processus de création de « Saga », j’avoue que la deuxième partie me semble « partie en vrille » dans une forme de surenchère scénaristique (retrouvant ici le même phénomène qui atteint les créateurs de la série dans le roman !). L’auteur prend visiblement plaisir à malmener et balader ses propres personnages vers des destins inattendus et pour le moins surprenants, comme l’ont fait les quatre mousquetaires avec leur « Saga ». Le final m’a quand même vaguement renvoyé à la thématique développée par Antoine Bello dans Les Falsificateurs, ce qui m’a fait sourire. Et je me suis rendue compte que ces deux romans, qui mettent en scène des scénaristes mettant en scène le monde, provoquaient un peu le même genre d’effet légèrement addictif chez le lecteur, peut-être parce qu’on se retrouve catapulté dans des univers bien particuliers et un peu fermés dont les personnages deviennent extrêmement attachants, et les lois propres génèrent sans peine des rebondissements mais aussi des réflexions plus sérieuses sur certains aspects de notre monde actuel, dont ils sont le miroir grossissant : le CFR ou les coulisses de « Saga », des sortes de micro-sociétés observées au microscope par des auteurs un peu démiurges ? Chiche !

Oups, je risque de tomber dans le travers de la surinterprétation intello de ce qui est surtout un bon divertissement qui fleure bon les années 1990 et les délires fin-de-siècle et fin-de-millénaire qui me semblent caractériser cette période a posteriori.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gillian Flynn, Les apparences

Afficher l'image d'origineEt voilà, j’ai craqué sur le bon vieux polar que l’on trouve dans tous les R**** de gare (d’ailleurs, ce fut le lieu de mon craquage après une longue journée de travail – typique), le polar dont j’ai une certaine assurance qu’il va être bon étant donné qu’il a été vanté dans pas mal de blogs, bref : pas de prise de risque. Et en effet, l’histoire est bien construite. Nick et Amy forment ce qu’on appelle un « beau couple » mais depuis la crise des subprimes, ils ont dû abandonner leur nid d’amour new-yorkais pour s’installer dans le Missouri natal de Nick, autant dire le repaire des beaufs aux yeux d’Amy. Un matin, Amy disparaît. Les indices qui s’accumulent semblent tous pointer vers Nick. Celui-ci entre-temps découvre qu’Amy lui cachait certaines choses…

Alors voilà, la première partie monte crescendo car elle confronte la version au jour le jour de Nick et des fragments du journal intime d’Amy depuis leur première rencontre. Ce qui est intéressant c’est de voir les dissonances qui existent entre les deux versions. On ne sait plus sur quel pied danser : Nick est-il coupable ? Le gène destructeur de son terrible paternel aurait-il supplanté le gène bienveillant transmis par sa mère ? Amy est-elle la victime que tout semble indiquer, la pauvre petite fille riche que ses parents ont mise en scène depuis son enfance dans une série de livres à succès (« L’épatante Amy », rien que ça) ?

Et puis coup de théâtre de la deuxième partie : là on vire carrément dans le malsain, mais on s’amuse quand même des retournements de situation. Chapeau Madame Flynn, tout s’emboîte à merveille (au prix d’invraisemblances, mais c’est un peu la loi du genre).

Terminant ce livre en moins de deux (preuve que le genre est addictif), je me suis quand même dit que ce type de roman me laissait sur ma faim. En effet, l’attention du lecteur est tendue vers le dénouement (donc c’est un bon thriller) mais du coup on laisse passer des choses – style vulgaire, personnages secondaires un peu délaissés – que l’on n’aurait pas laissé passer dans un autre roman (ce n’est donc qu’un thriller).

Mais je suis un peu sévère sur ce coup-là parce que la romancière fait quand même l’effort  de faire une peinture sociale et psychologique des Etats-Unis actuels. On ressent tout le contexte poisseux et post-apocalyptique laissé par le sillage de la crise dans le Midwest américain : villes fantômes, idoles de la consommation déchues, êtres privés de sens et réduits à la seule chose qui leur reste, l’entertainment, la consommation encore et toujours, ou alors le désir forcené d’être parfait et de renvoyer une image parfaite, de ne vivre que pour les apparences

« L’idée que j’avais emmené Amy à la fin de tout m’a traversé l’esprit. Nous faisions littéralement l’expérience de la fin d’un mode de vie, une expresion que je n’aurais jusque là appliquée qu’à des tribus de Nouvelle-Guinée ou des communautés d souffleurs de verre dans les Appalaches. La récession avait signé l’arrêt de mort du centre commercial. Les ordinateurs avaient signé l’arrêt de mort de l’usine Blue Book. Carthage avait fait faillite, sa ville jumelle, Hannibal, cédait le terrain aux sites tourstiques plus bariolés, plus criards, plus caricaturaux. Le fleuve Mississipi se faisait dévorer à rebours par des carpes asiatiques, qui remontaient le courant jusqu’au lac Michigan. L’Epatante Amy, c’était fini. C’était la fin de ma carrière, la fin de la sienne, la fin de mon père, la fin de maman. La fin de notre mariage. La fin d’Amy. » (p. 191)

(Pour info, Hannibal c’est la ville natale de Mark Twain !)

« Les apparences » de Gillian Flynn, Le Livre de Poche, 2012, p. 687

Laura Kasischke, Esprit d’hiver

Esprit-dhiver-de-Laura-KasischkeC’est l’histoire d’un réveil le matin de Noël, un de ces réveils lourds et flottants, de ceux qui surviennent après une soirée trop arrosée. Une idée fixe reste accrochée à l’esprit embrumé d’Holly, encore couchée aux côtés de son mari Eric : « Quelque chose les a suivis de Russie jusqu’ici ». La Russie, ils y sont allés il y a 13 ans, pour adopter leur fille Tatiana. Elle veut absolument noter cette idée qui éclot comme une révélation mais elle n’arrive pas à se dépêtrer de son sommeil. Puis Eric se réveille en sursaut, il doit aller chercher ses parents à l’aéroport. La famille et des amis vont arriver pour fêter Noël. Holly n’a plus beaucoup de temps pour s’habiller et préparer la dinde. Et voilà qu’un blizzard imprévu se lève, isolant tout et tous d’un épais mur blanc. Les invités se décommandent. Eric est bloqué. Un huis clos de plus en plus étrange s’instaure entre la mère et la fille, fait de confrontations et de réminiscences…

Voilà un livre qui m’a embarquée sans que je sache à nul moment où il voulait me mener : était-ce simplement un récit psychologique ? un conte surnaturel ? une histoire de terreur ? Rien pourtant n’est horrible dans cette histoire, si ce n’est ces détails un peu triviaux qui se conglomèrent pour créer une angoisse insidieuse : le sang de la dinde qui coule par terre, l’ombre d’Holly, les bizarreries de son I-phone, les objets qu’elle vendait autrefois dans un stand d’antiquités… Un flux de plus en plus glaçant m’enserrait chaque fois que la mère et la fille se retrouvaient ensemble. Des choses vécues, ayant laissé une forte impression, douloureuses souvent, sont mentionnées sous la forme de flash-backs et qui peu à peu tissent la trame du drame.

Mais malgré le poids d’une angoisse inhabituelle qui suinte des pages, on retrouve aussi cette tension mère-fille qui semble l’apanage du temps de l’adolescence de la seconde : ces énervements, ces incompréhensions, ces silences, cette inadéquation d’humeurs, m’ont rappelé bien des souvenirs 😉 De même, le sentiment de culpabilité qui agite Holly (a-t-elle bien agi envers sa fille ? est-elle une bonne mère ?) trouvera son écho chez beaucoup de mères. Et d’autant plus lorsqu’elles sont adoptantes.

Cela m’a d’ailleurs conduite à toute une réflexion sur le processus d’adoption, ses failles, le surinvestissement affectif des parents qui ne peuvent combler un manque chez l’enfant adopté, bref, la misère des enfants nés sans parents, et des couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfants. Et pourtant, quelle plus belle preuve d’amour des parents peuvent apporter à leur enfant que ce long cheminement de son adoption ? Mais cet amour lui-même n’est pas sans défaut ; il peut être aveugle, ou possessif.

Finalement, même si cette plongée dans l’intime d’une femme m’a souvent mise mal à l’aise, je dois reconnaître que ce drôle de conte de Noël a réussi son tour de passe-passe avec moi. J’ai bel et bien été séduite par ce moment hors du temps, et prise de court par une fin complètement inattendue (même si des doutes commençaient lentement à m’assaillir, mais ils me menaient vers une mauvaise direction).

« Esprit d’hiver » de Laura Kasischke, Ed. Christian Bourgeois, 276 p.

Ajout du 19 janvier : Je fais participer ce billet à un autre challenge (décidément !) pris ce mois-ci : participer au Plan ORSEC 2016 pour PAL en danger ! Pour toute information sur ce challenge à l’intitulé un peu énigmatique, voir ce billet de présentation sur le blog de George. J’ai pris la résolution de lire un livre de ma PAL par mois, je devrais y arriver en couplant avec le challenge Myself.

photo libre plan orsec (2)

(Quand j’en aurais le temps, l’inspiration et l’envie, je m’interrogerai sur les ressorts de cette « challengite » aiguë qui me guette, maladie assez commune chez les blogueurs littéraires).