Lire au temps du coronavirus

Évidemment, je ne suis pas très originale.

Depuis deux semaines que nous sommes assignés à résidence, tout le monde a déjà pensé à abreuver la toile de conseils de lecture, ou tout autre occupation pour bien vivre le confinement :

Car nous sommes contraints d’apprivoiser cette situation inédite, cette étrange période en apnée, cet « encellulement » de tout un chacun, chiens et enfants compris (arglffvcoifpcnjc!!!), entre quatre murs, et un jardin pour les plus chanceux.

J’espère que vous allez bien d’ailleurs, vous et les vôtres.

La lecture revêt une importance accrue dans ce voyage autour de ma chambre. Quand on n’est plus accaparé par l’écume des jours, on retrouve du temps pour poser ses fesses sur le canap’ et partir à la recherche du temps perdu (j’en vois qui ricanent). Quand au bout d’une semaine de confinement on commence à se sentir à l’étroit, la lecture est le pays où l’on n’arrive jamais. (Note aux parents : le faire avant que les enfants soient levés, c’est là la promesse de l’aube). Et c’est parce qu’il manque cruellement de livres que le joueur d’échecs de Stefan Zweig manque de devenir fou.

Pour être très honnête, le temps libre reste un luxe pour moi, confinement ou pas. Certes mes journées sont remplies différemment depuis la fermeture des écoles : les trajets, et dans une moindre mesure mon travail, ont été remplacés par trois enfants à demeure 24h/24 et une dose de télétravail. Je ne lis donc ni plus ni moins que d’habitude…

Mais on ne se refait pas : pour appréhender cette nouvelle donne, j’ai cherché des références dans les livres que j’ai lus. J’ai besoin de faire des analogies pour comprendre un phénomène nouveau. Et croyez-moi, j’ai eu l’occasion d’y penser pendant que je donne sa purée au petit dernier ou le bain aux grandes – qui, parce que je rêvasse au lieu de les surveiller, se croient autorisées à jouer à Aqualand. J’ai donc choisi des lectures qui résonnent avec les thèmes actuels. Nous sommes tout de même plongés dans des circonstances, j’ose le dire, fascinantes et riches d’apprentissages, malgré leur côté anxiogène voire tragique pour ceux qui ont vécu des deuils, déjà (je compatis…). Voilà pourquoi ce ne sont pas les lectures les plus légères qui soient, et à l’occasion, on pourra aussi composer une liste de livres « d’évasion », qui permettent de penser à autre chose pendant une heure ou deux dans la journée.

On ne va pas y aller par quatre chemins, ce qui m’est venu à l’esprit en premier ce sont les fictions apocalyptiques et/ou dystopiques.

Une maladie contagieuse qui se répand comme une traînée de poudre, des pays entiers qui sombrent dans l’anarchie, des rescapés qui se réfugient dans un aéroport désaffecté, des communautés qui apprennent à se réorganiser… C’est l’excellent Station Eleven de Emily St-John Mandel, sorte d’élégie humaniste se déployant sur des décennies.

 

Un mal contagieux (eh oui, encore) rend les gens aveugles, un groupe de personnes se retrouve à vivre ensemble dans la nuit la plus complète, une seule personne parmi eux voit mais les autres ne le savent pas… C’est L’Aveuglement de José Saramago que j’ai le projet de relire cette année.

Dans Le mur de Marlen Haushofer, une femme doit apprendre à survivre dans un périmètre restreint, délimité par un mur invisible, tandis qu’autour d’elle, le monde semble tout bonnement s’être pétrifié. (Et elle n’a pas pu faire de stocks de pâtes, elle !)

Parlons enfermement, voulu ou subi, et mirages de la liberté : je vous propose Le désert des Tartares de Dino Buzzati et Moi qui n’ai pas connu les hommes de Jacqueline Harpman.

 

Intéressons-nous maintenant aux maisons. Ben oui, nos petits cocons protecteurs où nous sommes désormais reclus jusqu’à nouvel ordre… Les romancières anglaises ont le don de nous les faire voir sous un autre jour. Métaphores du for intérieur, lieux de passion hantés par la mémoire d’une disparue, organismes vivants, auriez-vous envie de vivre votre confinement…

  • … à Thornfield-Hall, la maison de Mr Rochester, avec Jane Eyre de Charlotte Brontë ?
  • … à Manderley avec Rebecca de Daphné du Maurier ?
  • … dans la maison Vers le phare avec la famille Ramsay ?

 

Soyons lucides, nous sommes face à une épidémie qui va forcément un jour ou l’autre nous toucher, ou toucher un de nos proches (désolée de casser l’ambiance). Pour s’y préparer au mieux, pourquoi ne pas lire des « récits d’hospitalisation » (de gens qui s’en sont sortis, dans tous les sens du terme) ? C’est un genre qui se développe : voyez Le lambeau de Philippe Lançon, ou Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson (qui nous offre aussi de belles échappées sur les chemins de France, pour pas finir claustro). Hommage aux soignants, à ce propos.

Mais se réfugier dans un endroit confiné peut être thérapeutique, voire libérateur. C’est l’expérience de quatre femmes dans Avril enchanté de Elizabeth Von Arnim. Elles se donnent rendez-vous dans un beau château en Italie pour fuir un quotidien étouffant en Angleterre (bon, on attendra la fin de la pandémie pour faire pareil…).

Côté cinéma, j’ai récemment vu Les Survivants de Frank Marshall (1993) qui raconte l’histoire de cette bande de jeunes rugbymen uruguayens victimes d’un accident d’avion dans les Andes en 1972. Les rescapés survécurent dans la coque de l’avion pendant deux mois… avec les moyens du bord. C’est un honnête film catastrophe (même si les effets spéciaux ont bien évolué depuis) mais surtout un drame humain et moral qui nous permet de relativiser notre réclusion confortablement garnie de pâtes et de surgelés (hem) mangeables.

Pour finir sur une note positive, je vous laisse avec ce verset du psaume 132 (traduction de Stan Rougier) :

Ah ! qu’il est bon d’habiter tous ensemble,

d’être comme des frères, tous unis !

La table d’Emmaüs, d’Arcabas

PS : n’oubliez pas d’appeler vos connaissances, pour compenser l’absence physique. 😉

Je lis donc je suis 2019

Le début de l’année est propice à ce genre de petits plaisirs enfantins : jouer avec des titres de livres !

@yosigo_yosigo sur Instagram

Et c’est le retour du fameux « je lis donc je suis ». Défi : répondre aux questions par des titres lus cette année. Cela a son petit côté cadavre exquis décidément exquis. Ce tag, c’est un peu une variante de l’horoscope en fait, on pourrait l’appeler le « livroscope ».

Décris toi

À son image

Comment te sens-tu ?

La survivance

Décris où tu vis

Vers le phare

Si tu pouvais aller où tu veux ou irais tu ?

Arcadie

Ton moyen de transport préféré

Tango

Ton (ta) meilleur(e) amie

Le confident

Toi et tes amis vous êtes

Les filles de l’ouragan

Comment est le temps

Les brumes du passé

Quel est ton moment préféré de la journée ?

L’éducation sentimentale

Qu’est la vie pour toi ?

L’autre côté du rêve

Ta peur

Le désert des Tartares 

Quel conseil as-tu à donner ?

Ce sont des choses qui arrivent

La pensée du jour

C’est une chose étrange à la fin que le monde

Comment aimerais-tu mourir ?

Sur les ossements des morts

Quelle est la condition actuelle de ton âme

Tendres silences

Ton rêve

Le ministère du bonheur suprême

Alléluia

Voilà, il est (enfin) là.

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Mon petit garçon est né il y a deux semaines, pile le jour de publication de mon dernier billet, ce qui en fait, je pense, le plus jeune blogueur du monde. J’ai senti mes premières contractions au moment où j’appuyais sur la touche « publier » (véridique).

Comme quoi, ça a du bon de prendre son blog pour un défouloir, je crois que Bébé a bien saisi le message !

Bien-sûr, c’est le plus beau des bébés. Et comme nous passons une grande partie de nos journées (et de nos nuits) en tête-à-tête (quand ses soeurs veulent bien me le laisser), je n’ai plus beaucoup de temps, évidemment, à consacrer à ce blog et à ceux des copinautes. (Mais je vous lis en sous-marin sur mon portable).

En revanche, j’ai pleeeeein de temps pour lire et écluser tous les livres qui traînaient dans ma PAL. C’est ça qui est bien avec le congé maternité et ses longues plages de tétées : je reprends un rythme de lecture que je ne connaissais plus depuis le temps rêveur de mon adolescence. Et comme je ne peux plus céder aux tentations des librairies et des bibliothèques, ma PAL prend une utilité soudainement vitale.

Bref, je vous promets des billets en rafale dans quelques temps. Mais là, il faut que je ferme mon écran pour lire le plus beau des livres : le visage de mon enfant.

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Bonne année 2019 !

Au seuil de cette nouvelle année, je vous souhaite à tous, ô lecteurs réguliers ou de passage, beaucoup de bonheur et de bons livres au cours des 365 prochains jours, la poursuite de l’exploration amoureuse de la vie, et de la littérature qui en est la sève.

Je me suis appuyée à la beauté du Monde 
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains
(Anna de Noailles, Le coeur innombrable, 1901)

J’ai eu, je l’avoue, du mal à revenir au blog après la période de Noël. Manque de temps et de motivation, une vie de famille prenante, des préparatifs en série pour l’arrivée de bébé (mon baigneur devrait pointer le bout de son nez d’ici une semaine, c’est vous dire) – d’où la fatigue et des billets qui s’accumulent… A cela s’ajoute WordPress, qui a eu le mauvais goût de changer de fond en comble son éditeur de texte, et voilà-t-y pas que je n’arrive même plus à justifier mes paragraphes, bououououh !!! Bref, tous les ingrédients d’une bonne panne de blog.

Mais impossible de décrocher complètement, rien à faire, je suis une camée du blog : la pensée de l’alimenter et d’aller visiter celui des copinautes revenait me titiller de loin en loin, pour me rappeler à mes devoirs. Je m’y remets donc en douceur, par l’inventaire à la Prévert de mes lectures de l’année.

En 2018, j’ai donc lu, entre autres :

  • les deux derniers tomes d’un cycle napolitain à la réputation mondiale, plein de passion féminine et de réflexion post-moderne : Celle qui fuit et celle qui reste et L’enfant perdue.
  • des classiques, pour mon plus grand plaisir, dont quelques honnêtes pavés : A l’ombre des jeunes filles en fleur (trop hâte d’entamer Le côté de Guermantes = véridique = je crois que je vais rompre mon voeu et l’acheter sans plus tarder sur internet – pas envie de traîner mon gros ventre jusqu’au centre de Lausanne – pour le lire ces prochaines semaines, quand j’aurai un petit « têteur » – j’ai pas dit « têtard » – collé au sein toute la journée) – Mrs DallowayAurélienNotre-Dame de Paris.
  • des écrivaines nord-américaines, nouvellistes ou romancières, pour ne rien changer d’une tendance empruntée depuis quelques années : Flannery O’Connor, Louise Erdrich, Laura Kasischke, Siri Hustvedt (déception), Alice Munro (coup de coeur). Et UN écrivain américain bien connu : Paul Auster.
  • deux romancières à l’univers atypique et bien particulier : Claudie Gallay et Yôko Ogawa.
  • des coups de coeur qui ont fait mon bonheur : Une ardente patienceEn toute impunitéLes oiseaux morts de l’Amérique.
  • quelques titres des rentrées littéraires de l’année (même si je suis à des années-lumières de certains gros lecteurs sur ce chapitre) – dont un pas encore chroniqué : Le Lambeau (LE livre de l’année j’ai l’impression) – Chien-LoupL’été des quatre rois (sans oublier le Christian Garcin sus-cité).
  • … et trop peu de latinos (j’y reviendrai), dont un coup de coeur tout de même et deux non chroniqués : l’opus d’Antonio Skarmeta, Embrouille et Budapest de Chico Buarque, et enfin Artifices de Jorge Luis Borges, deuxième partie de Fictions.

En 2019, j’ai envie de lire :

  • La suite de L’amie prodigieuse, quand on a fini de lire les quatre tomes : Frantumaglia d’Elena Ferrante, qui sort cet hiver.
  • des classiques, encore : Balzac, Sand, Flaubert, Dumas, Maupassant, Colette, Aragon, et bien-sûr Proust se bousculent au portillon côté français – Jane Austen, Emily Brontë, Dickens, Elizabeth Von Arnim, E.M. Forster, Katherine Mansfield, et toujours Virginia Woolf côté anglais – Henry James côté américain (avec une envie de découvrir Edith Wharton et Carson McCullers).
  • des écrivaines nord-américaines pour continuer dans la même veine : Joyce Carol Oates, Joyce Maynard et Siri Hustvedt (je ne veux pas rester sur une déception) sont ma PAL, Louise Erdrich dans mes envies. Et UN écrivain américain dont on a beaucoup parlé cette année : L’arbre-monde de Richard Powers.
  • des écrivaines japonaises : j’ai en stock Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka et Ito Ogawa est prévue au blogoclub du 1er mars. Et UN écrivain japonais bien connu, Mishima.
  • des écrivaines atypiques à l’univers particulier, comme Jacqueline Harpman.
  • des livres de la rentrée littéraire 2018, dont Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam, La beauté des jours de Claudie Gallay (on me dit dans l’oreillette qu’il date de 2017, oups), Au loin d’herman Diaz, Trois fois la fin du monde de Sophie Divry, L’invention de la nature d’Andrea Wulf, et L’arbre-monde donc (je renvoie aux billets de blogonautes qui m’ont fait envie).
  • André Dhôtel, cet écrivain méconnu que j’appréciais tant il y a quelques années. J’ai bien envie de m’offrir La route inconnue réédité chez La Clé à molette, et D’un monde inconnu, chez Fata Morgana (beaucoup d’inconnu pour cet auteur méconnu, ça tombe bien).
  • des essais, comme Composition française et L’autre George de Mona Ozouf ou Le dialogue de François Cheng.
  • des auteurs qui me sortent de ma zone de confort : Michel Tremblay, Eric Chevillard, Franz Kafka, voire… Montaigne.
  • des livres de la rentrée de janvier 2019 que je lirai probablement l’année prochaine en fait (ou bien jamais) : Une femme regarde les hommes regarder les femmes de Siri Hustvedt (qui réunit plusieurs critères d’envie de ce début d’année : essai, rentrée littéraire, mon amie Siri) – Théorie de la bulle carrée de Sébastien Lapaque (tout simplement parce que j’avais bien aimé un de ses polars, et que j’ai déjà croisé l’auteur au comptoir d’un bistrot de mon ancienne ville de résidence, qui est aussi la sienne, sauf que je ne me rappelais plus de son nom, juste de son prénom, ce qui causa mon grand désarroi au moment de l’aborder et força mon cher et tendre à lui adresser la parole ainsi : « Vous êtes écrivain, Monsieur ? » suivi de « Quel est votre nom ? ») – Bacchantes de Céline Minard (pour rester dans le vin, à défaut de le boire dans mon état actuel, et dans le thème des femmes puissantes) – mais aussi Chacun son tour de Gaspard-Marie Janvier (le bon patronyme pour un mois qui s’avère crucial à mon échelle de mère poule, et une réflexion sur la mort pour moi qui vais être confrontée au début de la vie) – Le voyage du canapé-lit de Pierre Jourde (encore un auteur que je me promets de découvrir depuis longtemps) – La transparence du temps de Leonardo Padura (c’est un latino et on m’en a dit du bien).

J’ai bien conscience que tous ces projets de lecture sont pour la plupart des plans sur la comète, et que mes lectures emprunteront peut-être le cours d’autres nébuleuses*.

Je traverse la distance transparente, et c’est le temps même qui marche ainsi dans ce jardin, comme il marche plus haut de toit en toit, d’étoile en étoile, c’est la nuit même qui passe. Je fais ces quelques pas avant de remonter, là où je ne sais plus ce qui m’attend…
(Philippe Jacottet, A la lumière d’hiver, 1977)

Et enfin, osons aborder la question qui tue : quid du challenge latino ? Force est de constater que, à part une contribution remarquée de Maryline au mois d’avril (4 livres lus, elle crève le plafond et la catégorie Copacabana, dont L’ancêtre de Juan José Saer que je pourrais aisément placer à la tête de ma liste d’envies) – et la contribution fidèle de Lili avec notamment la première BD inscrite au challenge (Le serpent d’eau de Tony Sandoval), ce challenge n’a pas brillé par son dynamisme cette année… et en premier lieu, chez moi qui en suis l’initiatrice et l’animatrice. Je m’interroge sur mon manque d’entrain. Ma principale excuse, c’est que je ne supporte plus de lire les livres hispanophones en version traduite (je suis snob, que voulez-vous), et qu’il est assez difficile de trouver les versions originales dans les rayons des librairies et bibliothèques à ma disposition. Mais cette explication n’est pas le fond du fond, vu qu’il me serait loisible de les faire commander. Je crois que mon éloignement (temporaire je l’espère) de ce continent littéraire est aussi en partie dû à l’arrêt de ma thèse de doctorat sur l’histoire du Mexique, décidée cette année après moult douloureuses cogitations.

J’ai donc longuement hésité à relancer ce Challenge Latino (dont je vous invite à aller voir la liste des participations des deux dernières années) avant d’opter pour le statu quo : autant le laisser ouvert et voir venir. Mais cela dépend aussi de vous, chers lecteurs et copinautes, que vous ayez un blog ou non. Vos marques d’intérêt, en commentaire, seraient grandement appréciées pour me motiver moi aussi à me remettre à la littérature latino-américaine et à animer ce challenge. Êtes-vous partants pour embarquer dans un voyage en motocyclette littéraire ?? Ci-joint, des idées de titres latinos empruntés à Babelio pour vous donner des idées !!

*A special tribute to the Chanson du mal-aimé, oh yeah.

Coulisses d’une blogueuse littéraire

A mon tour de répondre à ce tag qui tournait il y a quelques mois sur les blogs littéraires (à la pointe de l’actualité je suis).

Dans ce billet, je réponds à tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les coulisses de ce blog, sans jamais oser le demander (oui oui, je lis en vous amis lecteurs, je devance vos attentes, je vous livre du croustillant et de l’inattendu)…

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Et ce grâce à (ou à cause de) Lili qui m’a taguée il y a, hem, un certain temps. Merci Lili ! 😁

1. Avis, Critique, Recension et/ou Ressenti ?

Moi, je fais comme la salade niçoise, je mélange tout dans mes billets. Il fut un temps où je présentais un résumé neutre du livre, surligné en gras comme une pro, puis je donnais mon avis. Mais cela m’est vite apparu aussi inutile que fastidieux. Quant au contenu, mon but est d’évaluer le style, la qualité d’une intrigue et des personnages selon des critères à peu près objectifs, pour éviter de m’enfermer dans le j’aime/j’aime pas (rarement propice à des échanges féconds avec d’autres blogueurs). Tout en livrant mes ressentis de manière très subjective, notamment dans ma façon d’écrire, je tente d’avoir un regard un peu extérieur. En clair, même si je vomis un bouquin, j’essaie toujours de lui trouver des points positifs (et depuis que je trie mes lectures selon des critères aussi pointus obscurs que ceux du concours de l’ENA, il est devenu rare que je m’enfonce dans un bouquin en tout point abominable).

2. Le choix du livre

Alors ça, c’est une question épineuse. Avant le blog, je tournais sur quelques auteurs classiques et contemporains auxquels j’étais attachée de longue date. J’allais peu vers des auteurs que je ne connaissais pas (timorée la fille). Du coup le choix était limité. Quand j’ai commencé à bloguer et à suivre d’autres blogueurs, un formidable appétit de découvrir des auteurs que je découvrais par dizaines m’a saisie. Ma PAL s’est fortement allongée. Un billet de blog lu quelque part pouvait entraîner un achat ou un emprunt presque immédiat et je lisais illico le bouquin. Je lisais aussi en fonction des challenges. A un moment donné j’ai voulu un peu reprendre le contrôle de mes choix, ne pas m’aligner uniquement sur ceux des autres et sur l’actualité, et revenir vers les classiques. Donc je dirais que le choix du livre procède de mes envies du moment, très intuitives, même si j’établis parfois un vague planning dans ma tête (genre alterner classiques et contemporains, européens et non-européens, découverte d’un nouvel auteur et approfondissement d’un autre…). Et sinon, je suis toujours partante pour les propositions de lecture commune. 🙂

3. Cas particulier : parfois, pas besoin de choisir, les livres viennent à toi via les SP, ou Service de presse.

J’aimerais pouvoir faire ma princesse en disant que j’ai toujours refusé les SP par principe. Mais la réalité c’est que l’on ne m’a jamais, au grand jamais, proposé un bouquin en service presse (sauf les auteurs de romans auto-édités). Les gars, faut me dire comment vous faites pour en recevoir, bref me donner les ficelles du métier. Vous êtes tous apparentés à un éditeur ou quoi ? Je crains néanmoins que ma faible audience et la forte concurrence sur le marché des blogs me laissent un peu sur le carreau. Comme dans la fable du renard et des raisins, je peux ainsi faire ma princesse pour gratis…

4. Mettre ou ne pas mettre la quatrième de couverture ? That is the question

Alors non, je n’ai jamais eu l’idée de le faire. J’aime parler du bouquin à ma sauce et déployer de bout en bout une créativité de fouuu dans mes billets (ça y est, elle s’emballe). Si vous voulez lire la quatrième de couverture, allez sur le site de l’éditeur.

5. Prise de note

Rare. Mais parfois j’ai des idées de franc taré (expression 100% suisse, ndlr), alors je les gribouille prestement sur mon moleskine « niphone » (comme aurait dit ma petite nièce, expression que j’adore).

7. Serré ou plutôt long ?

Là encore, je ne m’impose zéro contrainte. J’ai plutôt une tendance à la logorrhée, mais sur certains livres je n’ai pas grand chose à dire…

8. Divulgâcher, moi ! Jamais

Jamais (autant que possible) (bon allez, ça a dû m’arriver de temps en temps d’en dire un peu trop, mea culpa) (mais à ma décharge, on a parfois envie de décortiquer certaines lectures au point de risquer d’en déflorer le contenu pour les autres).

9. Ils en pensent quoi les autres blogueurs ?

De moûûûa ??! *Yeux papillotants, mains moites, coeur qui palpite : mode ON* A part deux-trois copines extatiques sympathiques, je sais pas ! Dites-moi toûûût en commentaires. 😉

10. Citation

La plupart du temps oui, même si je ne les trouve pas toujours indispensables (je ne lis pas toujours les citations qui sont insérées dans les billets des autres). En fait, je mets surtout des citations pour mon propre plaisir, et celui-ci est décuplé quand la citation illustre mon propos…

11. Taguer ses billets

Là encore, je le fais surtout pour le plaisir de voir mon petit nuage de tags s’afficher sur la colonne de droite et avoir un aperçu de mes obsessions littéraires.

12. Noter ses lectures

Oh non, ne me parlez pas de notes, c’est mon métier d’en donner alors pas question d’étendre ça à la sphère privée…

13. Les affiliations

Voir réponse à la question 3.

14.  La reconnaissance

Comme tout blogueur qui se respecte, je suis bien-sûr accro aux commentaires. C’est toujours un peu la fête quand j’en vois un qui s’affiche sur mon tableau de bord, attendant gentiment d’être validé. C’est non seulement la preuve que je ne blogue pas dans le vide, mais cela permet aussi d’échanger sur mes lectures et celle des autres, ce que j’ose rarement faire IRL car j’ai toujours peur d’embêter les gens avec ma passion « d’intello à lunettes » (ah non, je n’ai pas de lunettes). Mais plus que la reconnaissance, le blog m’a apporté de vraies amitiés, et ça je ne m’y attendais pas !

Edit : je tague mon amie Rosa (connue IRL avant le virtuel 😉 ) (une des rares avec qui je cause bouquins), si elle veut bien répondre à son tour à ce questionnaire.