Ecrivains anglais, vous me faites mourir !

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Edward Coley Burne-Jones, Le berceau de roses

Qu’ils appartiennent au XIXe ou au XXIe siècle, ces deux-là me font mourir. Par leurs romans. Ah ces Anglais !

Prenez Charlotte Brontë et son fameux roman à la première personne : Jane Eyre. Aux deux tiers du livre, j’ai ressenti une immense peine face à certain événement. Mon coeur saignait pour Jane, ce personnage de fiction que Brontë arrive à rendre si vivante, si pleine de sentiments, de passion et de raison mêlées. Las ! L’amour de Jane et de Mr Rochester était tranché en deux par une tragédie à la grecque. Je m’en suis difficilement remise et pourtant mon cher mari était à mes côtés, en chair et en os lui ! Ce que c’est que le pouvoir de suggestion de certaines lectures quand même.

Et maintenant je subis le même supplice, aux deux tiers du dernier roman de Robert Goddard : Le Secret d’Edwin Strafford. Mon coeur saigne pour Edwin, cet homme si droit, idéaliste, loyal, sincère, peut-être trop naïf, qui voit la femme qu’il aime, Elizabeth, le repousser brusquement un jour sans explication, en larmes, l’accusant de l’avoir trompée et refusant de le revoir à tout jamais. Edwin, un jeune ministre prometteur – et fictif, attention, moi aussi je suis allée vérifier sur wikipedia – du règne d’Edouard VII (les années 1900), brutalement déchu dans le domaine de l’amour et de la politique, mais sans savoir pourquoi. Et moi, je commence à comprendre malgré tout, à percer le terrible et cruel mystère, le même genre de mystère qui rôdait dans les couloirs du château de Mr Rochester dans Jane Eyre. Et j’enrage devant l’idiot de service, ce Martin Radford dont le nom consonne avec celui d’Edwin Strafford (ce qui n’est pas qu’une coïncidence stylistique à mon humble avis) et qui dans le livre est l’historien sensé dénouer les fils du mystère soixante ans après. Comprendre avant l’enquêteur, ça ne m’était jamais arrivé et ce n’est pas facile de réprimer son impatience devant les bêtises du pion (qui fait malgré tout avancer l’histoire), c’est moi qui vous le dis. Argh ! A moins que ce ne soit encore une énième astuce de Goddard, un romancier tout-à-fait retors, expert dans l’art de rouler trois fois le lecteur dans la farine (je vous mets en garde au cas où vous seriez tenté de lire ses bouquins). Mais justement. Après avoir lu Par un matin d’automne, je commence à connaître ses ficelles.

A nous deux, Mister Goddard ! A nous deux, l’histoire traîtresse, les amours qui finissent mal et la « Grande » histoire qui s’en mêle avec ses millions de morts de la Première Guerre mondiale qui planent décidément souvent sur les histoires du mystificateur en chef !

Ouf, j’avais bien besoin de recommencer à poster ici pour me défouler de ma frustration et de ma peine pour Edwin et Elizabeth.

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