Patrick Modiano, Rue des boutiques obscures

modianoUn homme remonte le cours de son passé, qu’il a oublié. Pour l’aider, d’improbables témoins, qui peut-être le reconnaîtront, ou lui fourniront des photographies jaunies, des souvenirs épars, de vieux papiers sur lesquels sont parfois griffonnés de vieux numéros de téléphone : AUTeuil 26-48 ; ou des noms aux sonorités envoûtantes : Sonachitzé, Denise Coudreuse, Rubirosa, Freddie Howard de Luz, Gay Orlow…

Tout dans ce roman est empreint de nostalgie, pour ce qui a été et n’est plus. Les traces que les hommes et les femmes laissent sur le grand livre du destin ne sont guère plus que des pattes de mouches qui sont peu à peu recouvertes par la poussière du temps. Mais Guy Roland, homme sans passé, parvient peu à peu à entrapercevoir une silhouette, le destin d’un homme en contre-jour, destin qui connut une brutale embardée durant les temps obscurs de l’Occupation.

Ce livre est une vraie exploration du temps mais aussi de l’espace : boulevards, quais, rues et ruelles de Paris, halls d’immeubles auxquels Modiano rend toute leur poésie, parc d’un château décati ou gare de province, on est introduit dans un univers palpable qui possède le grain des vieilles photographies.

J’ai beaucoup apprécié ma première incursion dans le monde de Modiano, qui me fait penser, un peu, à celui d’un auteur que j’affectionne particulièrement même si je n’en ai jamais parlé ici (il serait temps) : André Dhôtel. Dhôtel aussi aime faire disparaître ses personnages, lui aussi mêle réalisme et onirisme, mais il est plus souriant que Modiano, plus « rat des champs » et Modiano plus « rat des villes » (me semble-t-il).

Rendons à César ce qui est à Jules (comme dirait quelqu’un qui se reconnaîtra 😉 ) : je n’aurais pas lu Modiano sans la plus modianesque des blogueuses : Galéa.

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4 commentaires sur « Patrick Modiano, Rue des boutiques obscures »

  1. Et une modianette , une !
    Nous avons décidément des goûts en commun : l’un de mes fils porte le prénom du jeune héros du « Pays où l’on n’arrive jamais  » …

  2. Comment j’ai pu manquer cet article punaise!!!!!
    Rho la la que j’aime ce billet, que j’aime ce que tu dis de Modiano.
    Du coup je note Dhôtel, si c’est une version rurale de la mélancolie modianesque, ça devrait coller avec moi.
    je suis très touchée de ton clin d’oeil
    Merci 😉

    1. Figure-toi que j’ai laissé un peu tomber le blog tous ces jours-ci et j’ai donc manqué tes commentaires !
      Eh bien je suis touchée que ma petite contribution donne des envies à d’autres, surtout si c’est Dhôtel et surtout si c’est à une blogueuse que j’apprécie 🙂

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