Les Bourgeois, d’Alice Ferney

Detail

Ils sont dix, nés d’Henri et Mathilde Bourgeois, dans le Paris de l’Entre-deux-guerres. Bourgeois ils le sont par leurs moeurs, leurs idéaux, leur éducation, axée sur l’effort et l’honneur (notion pourtant considérablement mise à mal au cours du XXe siècle). Ils vivent les événements contemporains de façon parfois décalée, avec leur propre rythme et les lunettes de la classe sociale à laquelle ils appartiennent, mais ils débordent de vitalité et tracent leur chemin avec droiture « aux places favorites de la société bourgeoise – l’armée, la médecine, le barreau, les affaires » nous dit la quatrième de couverture.

De plus en plus, les Bourgeois vivaient à contretemps, qui faisaient des enfants comme si la chose allait de soi. (p. 410)

Cette force vitale va les aider à surmonter les remous et traumatismes de l’histoire (la petite comme la grande) : le deuil de la mère, qui meurt en donnant la vie à son dixième enfant durant la Drôle de Guerre ; la guerre justement qui bouleverse les plans d’avenir et confronte à l’horreur et à la perte ; les accidents ; les blessures d’enfance ; la décolonisation ; mai 68 et ses suites… À leur tour ils se marieront pour la plupart, et certains auront même beaucoup d’enfants, quoique moins que leurs parents. Et puis ils deviendront grands-parents, et certains achèveront leur vie terrestre dans le temps du roman.

Je me demande toujours si vraiment l’on se prépare à la mort. Il paraît que cette idée répandue est un leurre : la mort serait si étrangère à la vie qu’on ne pourrait en réalité la penser et qu’il ne servirait à rien de l’apprivoiser, ce que l’on apprivoise d’elle n’étant jamais elle. (p. 13)

Sur cette valse du cycle de la vie (naissance, vie, mort), Alice Ferney donne le point de vue d’une narratrice impersonnelle – qui pourrait bien être elle – alternant entre le présent et le passé. Cela donne une profondeur particulière à l’exercice de la biographie familiale, et en même temps décentre l’attention du moment « où les choses se font » pour nous donner à considérer la brièveté d’une vie humaine, même quand elle dépasse son terme admis. Car le roman commence avec la mort de Jérôme en 2013, le septième de la fratrie, et procure particulièrement le ressenti de Claude, son cadet immédiat, face à cette mort subite.

Elle savait comment la vie passe sur les hommes à la manière d’un vent si fort qu’il les pousse en avant sans qu’ils s’en aperçoivent, croyant demeurer immobiles, inchangés, immortels. Le vent du temps avait soufflé. Le petit garçon qui dans la cour des Invalides avait reçu la Légion d’honneur au nom de son frère défunt était aujourd’hui capitaine et prêt à mériter la même décoration. La guerre était de tous les temps. Elle était pour l’éternité le noir élixir de l’histoire. (p.139)

La narratrice remonte ensuite dans le passé, à la racine de cette nombreuse fratrie, et tout d’abord aux parents, Henri et Mathilde, nés à la toute fin du XIXe siècle, marqués par la Grande Guerre et mariés au lendemain de celle-ci. Elle s’efforce de faire comprendre au lecteur la mentalité patriotique de l’Entre-deux-guerres, qui faisait qu’une femme de la bonne bourgeoisie acceptait, à quelques exceptions près (tout le monde n’est pas Beauvoir) que son seul horizon soit le mariage et l’éducation des enfants. Cela était sous-tendu par un catholicisme empesé et strict (mais aussi intellectuel et doué de générosité) qui fournissait des repères pour toutes les situations de la vie. Le recul que procure le regard du présent sur le passé permet de mesurer l’écart entre le mode de vie de cette époque (pas si lointaine…) et la nôtre, ce qui peut susciter l’effarement. Mais la subtilité de la plume d’Alice Ferney est aussi de savoir considérer avec tendresse et respect « l’Autre », y compris celui qui est relativement éloigné dans le temps, par le truchement du dialogue entre sa narratrice et le vieux Claude, attaché aux modèles culturels de son enfance.

Six sont morts et les quatre autres ont passé l’âge de faire des projets. J’ai compris ce qu’ils ne savaient pas pendant qu’ils vivaient et mesuré ce que j’ignore. Le secret des autres est immense. (p. 474)

Par cette disposition narrative, mêlant habilement les événements historiques et biographiques, l’autrice nous plonge dans les différentes strates d’une époque, où l’intime côtoie le politique, s’y fond, en est modelé, et vice-versa. La scansion des générations et des époques (autour du pivot que représente la Seconde Guerre mondiale), les répétitions ataviques et les pas de côté arbitraires donnent un rythme empressé, presque galopant, à cette exhumation du « temps perdu ». Paradoxalement cette anamnèse réussit aussi à donner le goût et le sens d’une époque révolue. On se retrouve à la lecture comme devant une photographie jaunie, découvrant « ce qui a été » et n’est plus.

Notre psychisme est ainsi fait que nous oublions. Nous oublions les événements, la forme des journées que nous avons vécues, les pensées que nous avons eues, les sentiments et les humeurs qui nous ont envahis. Ne restent que des impressions sommaires. Le passé devient un grand résumé indistinct. Les dates s’emmêlent, des pans entiers s’engloutissent, et nous ignorons même ce que nous avons oublié. C’est merveille. Sans cette machine à estomper, sans cette sorte de gomme intérieure, nous serions éternellement dans le deuil, le chagrin et l’angoisse. (p.295)

Pour tout dire, en lisant ce livre, j’ai eu l’impression de lire l’histoire de la famille de mon grand père. Tout y est : la famille nombreuse, l’attrait pour le maurassisme, auquel on s’arrache après la condamnation papale de l’Action Française en 1926 (car on obéit d’abord au pape chez ces catholiques convaincus), le côté patron chrétien proche de ses ouvriers, la scolarisation chez les bons pères, les vacances à la campagne, le tennis, les choix professionnels… J’y ai retrouvé un peu de cette veine à la Annie Ernaux ou à la Isabelle Monnin, qui ont soumis leur passé familial au creuset de la littérature dans Les années pour l’une et Mistral perdu pour l’autre. Mais il y a deux différences de taille entre les Bourgeois et les livres des autrices citées : d’une part, Ernaux et Monnin s’attachent à décrire un milieu plutôt populaire, pour le faire accéder à une certaine reconnaissance littéraire, tandis que Ferney sonde un milieu bourgeois (pour faire pardonner ses errements ?) ; d’autre part, Ferney ne dit pas explicitement qu’elle s’inspire de sa famille, ni dans quelle mesure (sa présence-absence dans le roman serait d’ailleurs mon seul petit regret à son propos).

Mais j’ai aussi apprécié, en historienne, le formidable travail historique réalisé par Alice Ferney dans ce roman qui a reçu le prix Historia du roman historique en 2018. Je crois que c’est pourquoi, en plus de sa langue somptueuse enchâssant de manière fluide la petite histoire dans la grande, ce fut une lecture aussi marquante et émouvante que la traversée d’un album de famille…

Le temps filait comme l’eau du monde, la vie avançait comme les fleuves vers leur estuaires. (p. 402)

« Les Bourgeois » d’Alice Ferney, Actes Sud/Babel, 2017, 474 p.

Lignes de failles, de Nancy Huston

lignes-de.gifIl y a des psychiatres qui se sont intéressés aux liens transgénérationnels : le fait que l’on porte bien souvent le poids des de nos aïeux sur nos propres épaules, sans toujours en être conscient (à ce propos lire Aïe mes aïeux, de Géraldine Fabre, c’est très instructif).

Nancy Huston en a fait le principe de son singulier roman. Quatre chapitres : quatre voix, celles de Sol, Randall, Sadie et Kristina. Chacun est le parent du précédent et narre son présent d’enfant de six ans. Sol, en 2004, est un petit garçon californien surprotégé par sa mère adepte de psychologie positive et veillé de loin par son père travaillant dans l’industrie de l’armement. Randall en 1982, vit à New-York entre son « père au foyer » dramaturge et sa mère chercheuse et globe-trotter, obsédée par la quête de ses racines familiales qu’elle confond avec le « mal », ce qui les amènent à s’installer à Haïfa en Israël. Sadie en 1962 vit tristement à Toronto entre des grands-parents rigides et ne revit que lorsque sa mère, chanteuse bohème, vient la voir et l’emmène avec elle. Kristina en 1944 vit en Allemagne avec ses parents, ses grands-parents et sa soeur aînée ; malgré la guerre, elle sait vivre l’instant avec passion et ne se doute pas des bouleversements à venir dans la part la plus intime d’elle-même, son identité.

Un secret empoisonné, presque un péché originel, couvre l’arbre généalogique de son ombre, de l’arrière-grand-mère à l’arrière-petit-fils. Il détermine les brusques embardées du destin des uns et des autres, entre Allemagne, Israël et Amérique du nord. Il explique peut-être aussi la fascination-répulsion des uns pour le sang, la guerre, la domination de soi ou des autres, ou au contraire la fuite en avant des autres, l’oubli volontaire. Les générations avancent par contrecoups, se blessant aux erreurs des générations précédentes, et inversent le mouvement du balancier. Les sauts à rebours du temps, de 2004 à 1944, permettent très graphiquement d’en rendre compte, tout comme la transmission d’une tâche de naissance de l’un à l’autre.

Pour prendre un exemple parmi d’autres, on comprend que Randall a souffert d’une mère à la fois peu attentive et très exigeante, et l’on en déduit la raison pour laquelle il a épousé la femme au foyer modèle, pleine de bons sentiments, laquelle, aveuglée par le prêt-à-penser éducatif, ne s’aperçoit pas qu’elle fait de leur fils Sol un monstre. En remontant dans le temps, l’enfance de Sadie, la mère de Randall nous informe sur la femme qu’elle est devenue : née d’une mère adolescente et de père inconnu, victime d’une éducation puritaine, elle a dû fournir de gros efforts pour surmonter cette première blessure et exorciser sa honte. C’est elle qui va enquêter sur le « péché originel » de la famille et mettre en route une série de retours sur le passé plus ou moins maîtrisés.

Sol, le narrateur du premier chapitre, est un cas d’école des dangers (encore peu connus en 2004 ?) de l’accès non-encadré des enfants à Internet. Je n’en dis pas plus, ce chapitre glaçant parle de lui-même. 

A la fin du livre on se demande : les horreurs vues et vécues par Kristina au cours de la fin de la Seconde Guerre mondiale ont-elles servi de leçon aux générations suivantes ? Ne retombent-elles pas, chacune selon leur moment historique, selon leurs guerres, dans les mêmes ornières, dans une barbarie aussi ancienne qu’elle apparaît sous des oripeaux nouveaux ? Ce roman est à la fois un cri de dénonciation et une ode à la force de la vie qui se fraie un chemin dans les décombres. Les blancs narratifs permettent d’intercaler toute une part de non-dit dans la croissance des personnages, ce qui invite à penser leur liberté de personnes dotées d’un libre-arbitre malgré le poids du transgénérationnel. Le choix de faire parler des enfants de six ans peut être questionné (c’est un bien jeune âge pour leur faire aborder une série de considérations existentielles) mais il est intéressant en ce qu’un enfant de cet âge se conforme à la fois à la parole des adultes qui ont autorité sur lui, captant le monde à travers leur prisme, mais cherche aussi à lever le voile du mystère… à sa façon.

J’ai apprécié le procédé de conter l’histoire d’une lignée « à l’envers ». L’intrigue est bien construite, bien renseignée, bien écrite, rien à dire. Justement : les mots de cette chronique me viennent aussi mécaniquement que ceux d’une annonce immobilière. Je n’ai pas été si touchée que ça par les destins racontés, comme s’ils l’étaient par des androïdes, et non par des êtres de chair. Nous avons affaire à un roman reposant sur des idées tout-à-fait passionnantes. Plaquées sur des personnages, elles peinent à trouver vie. L’ensemble pourtant se dévore vite fait bien fait : envie de comprendre certains mystères (pourquoi Sadie est en fauteuil roulant, pourquoi certains jouets prennent-ils une si grande importance, pourquoi Erra chante sans paroles, pourquoi Randall est-il aussi agressif contre les Irakiens, etc).

La morale de l’histoire c’est qu’il est important, vital même, de parler à son enfant avec des mots justes, de ce qui l’engage directement, y compris dans son histoire familiale, tout en veillant à ce qu’il ne tombe pas dans la gougueule du loup.

Un avis mitigé donc, pour un roman qui vaut quand même le coup d’être découvert.

Les avis de Lili Galipette (mitigé), LillyKeisha et Anne (enthousiastes).

« Lignes de faille » de Nancy Huston, Babel, Actes Sud, 2006, 486 p. 

Prix Femina 2006.

Atterrissage en Suisse

Changement de vie oblige, et suite à des questions de copinautes et copains IRL que je n’ai pas eu le temps de tenir informés, j’ai eu pour une fois l’envie de parler d’autre chose que de livres. Comme ma vie trépidante et les expériences qui en découlent sont ce que je connais de mieux (en-dehors des livres), ce post n’est peut-être pas si déplacé que ça, et vous donnera le cadre de mes futures lectures (bucoliques, les lectures) !

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Depuis trois semaines, nous nous sommes en effet transplantés en Suisse, dans un village de carte postale près de Lausanne. Après moult formalités administratives (ici on fait dans la précaution et on ne craint pas d’exiger des tas de signatures sur des tas de documents), nous voilà installés dans notre maisonnette en bordure de champs peuplés de vaches bien grasses, pâturant dans leurs pâturages bien verts. J’ai retrouvé mon ordinateur, une connexion wifi : ouf c’est bon, la civilisation est à portée de clic ! Bambinette et Zébulette*, nos filles (3 ans et 1 an), sont elles en passe de se convertir en véritables petites Heidi, après un début de vie exclusivement citadin. Car oui, derrière notre haie se dresse la chaîne des Alpes déjà recouverte d’une neige fraîchement tombée jusqu’à 1200 mètres (nous sommes à 700…). Et l’on en est à s’extasier d’observer des vers de terre, des fourmis et un matou vagabond, déjà surnommé Grisette, dans notre jardin, sans compter les passionnantes activités des fermes alentour (comme le dressage de chiens ou de chevaux). Autant dire que le dépaysement est total.

C’est la première fois de ma vie que je suis maîtresse de maison (cette appellation pompeuse est une imposture, vu que je ne maîtrise rien du tout à : la chaudière, le tableau électrique, le compteur d’eau, et j’en passe). J’ai pu faire une liste des avantages (nombreux) et des inconvénients (il y en a) en revers de médaille de ma nouvelle situation :

  1. Avantage. Vivre dans une maison, c’est disposer d’un espace de dingue pour le rangement, et de pièces inconnues (en général) aux appartements parisiens, comme par exemple… une buanderie, le must-have suisse. C’est presque un plaisir de faire son linge dans un espace dédié, sans encombrer son lit/bureau/table basse de tas de vêtements fripés repassés : vis ma vie de desperate housewife ! Comme en plus 99% des maisons suisses disposent d’une cave qui est presque une maison bis, ranger devient un jeu d’enfant moins une prise de tête. / Inconvénient. Avec une maison qui compte quatre niveaux (de la cave au grenier), on a vite fait de grimper des escaliers 15 fois par jour. Pour peu qu’on n’ait pas de tête (ou des cartons à déballer), il vaut mieux avoir des jambes… (et je ne vous parle pas du ménage…) Réflexe à acquérir : systématiquement penser aux choses qu’on pourrait monter/descendre au moment de s’engager dans l’escalier.
  2. Avantage. Hiiii un jardiiiiiin ! Le fantasme de tout Parisien en mal de nature, réduit à cultiver des radis dans un pot de yaourt posé sur le rebord – noir de pollution – de sa fenêtre… Quand tu découvres qu’il y pousse du raisin et du romarin, tu te sens pousser soudain des mains vertes et un chapeau de paille sur la tête (mais tu restes un peu dubitative devant ta capacité à conserver ces plantes en bonne santé…). Voltaire, déjà, ne recommandait-il pas de cultiver son jardin pour mener une belle vie ? / Inconvénient. Qui dit jardin, dit… insectes et bestioles en tout genre dans ta maison, surtout quand tu vis dans le parage de fermes. Des 15 mouches qui tournoient autour de ta tête dans la cuisine, au mille-pattes trouvé dans la cave, et à la splendide chenille vert fluo nichée dans la plante d’intérieur, j’ai l’impression de passer un stage de survie en milieu hostile (oui, je fais partie de ces gens allergiques aux bestioles, mais j’me soigne). Quand j’entends mes deux fillettes pousser des cris suraigus à la vue de la moindre araignée (quoi, c’est pas mignon une araignée ?!), je me dis que la nouvelle génération n’est pas plus friande des petites bêtes que la précédente…
  3. Avantage. Vivre dans un village (suisse, accessoirement), c’est nouer des liens détendus avec son voisinage, faire grandir ses enfants dans un lieu de vie à taille humaine. Les Suisses rencontrés jusqu’à présent se sont montrés très serviables et courtois. Leurs rapports humains sont empreints d’une certaine douceur (on est bien au pays qui a érigé la non-violence en art de vivre et en principe politique !) Pour preuve, dimanche prochain c’est raclette-party dans notre quartier ! / Inconvénient. Il ne faut pas avoir peur de prendre la voiture pour faire la moindre course, je n’ai jamais autant conduit de ma vie ! Argument battu et rebattu dans l’opposition ville/campagne, rien de bien nouveau sous le soleil jusqu’ici… oui mais, sur la neige ? Notre village a un micro-climat polaire et quand il neige, c’est pas de la gnognotte ! (Pneus neige obligatoires à partir de fin octobre). Il arrive fréquemment que des voitures se retrouvent coincées au milieu de la route qui nous mène à Lausanne (là où je bosse). Et c’est là que la fille qui a eu son permis il y a deux ans et qui a des palpitations rien qu’à l’idée de faire un créneau, commence à trembler pour de bon… Sainte Rita, priez pour moi !

Bref, voilà un petit tour d’horizon, non exhaustif, de mon nouveau cadre de vie. Je poursuivrai peut-être une série de posts sur la vie à la suisse, selon l’humeur et l’inspiration. Alors même que la frontière française est à 50 km, j’ai l’impression de nager de découverte en hallu étonnement devant ce beau pays qui conserve jalousement ses merveilles dans un écrin précieux… Saviez-vous par exemple que ce week-end, c’était ce qu’on appelle « le jeûne fédéral », une tradition remontant au Moyen-Âge mais réinventée au XIXe siècle, où les Suisses sont censés jeûner en l’honneur de la Confédération Helvétique d’une… tarte aux pruneaux au déjeuner dominical ?! Du coup lundi c’était férié et les petits Suisses (hinhin j’ai pas pu m’empêcher de la faire celle-là) n’avaient pas école dans notre canton (ce qui n’est pas le cas dans tous – et Genève fait exceptionnellement son jeûne un autre week-end que le reste de la Suisse, ce qui me donne l’impression que les Genevois sont un peu les Anglais du pays).

* Comme on dit dans les journaux, leurs prénoms ont évidemment été modifiés. Nan mais je préfère préciser hein.