Maylis de Kerangal, Réparer les vivants

reparer-les-vivants,M137228Ce livre m’a vraiment happée. Je sais que j’arrive après la musique, les louanges, les dix prix littéraires… Mais à quoi cela rimerait-il de contenir mon enthousiasme pour un bouquin, au prétexte de ne pas vouloir faire comme tout le monde ? J’essaie de plus en plus sur ce blog d’atteindre la pure sincérité (ce qui est un exercice difficile puisque forcément, face à un public, on choisit ses mots) et cette sincérité implique de crier son enthousiasme quand celui-ci est authentique, même si cela a déjà été fait cent fois.

Il s’agit donc du roman d’une transplantation cardiaque. Curieux sujet, dont l’unité de temps ne dépasse pas les 24 heures, et l’action, les épicentres névralgiques que sont  les hôpitaux du Havre et de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Simon Limbres, jeune Normand de 20 ans, revient d’une session de surf un glacial matin de février. Il est victime d’un accident de la route, il « meurt ». Il meurt entre guillemets, oui : bien que son cerveau soit irréversiblement touché par une hémorragie (« irréversible », un mot auquel Maylis de Kerangal a su donner toute sa puissance tragique), son corps, ses organes, notamment son cœur, continuent de fonctionner normalement grâce aux machines. On apprend que depuis 1959, la définition de la mort a changé pour la médecine : elle est considérée intervenir au moment de l’arrêt définitif des fonctions cognitives du cerveau, et non plus au dernier battement du cœur (ici, c’est le moment de faire le petit couplet sur l’époque qui privilégie la tête au cœur). Ce qui a pour effet de permettre le don des organes, dans l’intervalle – court – entre les arrêts différés des deux organes. Et c’est la question qui se pose aux parents de Simon. On se doute qu’il faut tout l’accompagnement à la fois professionnel et humain de l’équipe médicale pour leur permettre de prendre une décision aussi terrible que rapide.

Je n’ai pas la force d’analyser un tel livre. Il déborde de tous les côtés. Je me contenterai de soulever deux points qui m’ont parus fabuleux :

– Le premier c’est cette écriture lancinante, aux phrases à rallonges, martelantes de mots qui claquent, mêlant brillamment oralité et mots techniques, comme dans un concert de percussions, d’où fusent des trouvailles poétiques géniales pour exprimer les comparaisons (la voiture qui file, seule, sur la route vers l’hôpital, comme une bille de flipper lancée à toute allure en est une). Je craignais d’abord que cela me lassât. Mais point. Car ce n’est pas une écriture qui vise à l’artifice mais bien au contraire, qui cherche à exprimer et décrire les choses au plus ras des pâquerettes, et fait surgir des mondes d’une simple salle d’hôpital ou d’une rue grise du Havre. Et Maylis a le regard parfois surplombant (cf. la voiture-boule de flipper) qui permet de trouver des images étonnantes. Je n’ai pas le livre à portée de main, et la flemme d’insérer des citations, mais franchement, allez-le lire si ce n’est pas déjà fait, vous aurez toutes les citations que vous voudrez. 😉

– Le second c’est la capacité de l’auteur à saisir la diffraction du monde, l’infinie variété des vies humaines qui pulsent côte à côte : les différents acteurs de la médecine qui jalonnent le parcours du cœur de Simon de son corps à un autre, avec leurs vies privées parfois marquées par le doute, la mélancolie, le désir, mais aussi les infortunés parents de Simon sur la tête de qui tombe le ciel, sa petite sœur, sa petite amie, et puis la receveuse du cœur, ses fils, tout ce petit monde continue de vivre, insérés dans la trame de l’univers, auquel appartiennent aussi ces supporters de foot qui se ruent gorgés de bière vers le stade de France pendant que le médecin coordinateur se rend à l’agence de biomédecine située à côté, pour effectuer sa garde et répartir les éventuels greffons du jour…

Voilà, j’ai dit. J’ai un nouvel auteur de qui veiller les futures œuvres et entreprendre l’exploration rétrospective de son oeuvre. Chouette !

Un dernier mot, parce que j’aime bien ça, les rapprochements insolites entre auteurs différents : en lisant Réparer les vivants, j’ai pensé à l’excellent Les pieds dans l’eau de Benoît Duteurtre, qui n’a pourtant pas grand chose à voir. Sauf que les deux histoires se passent dans le pays de Caux, les alentours du Havre, dont les deux auteurs proviennent. Que ces auteurs sont de la même génération. Plus obscurément peut-être, parce que tous les deux sont issus de familles catholiques (je sais, il faut se lever de bonne heure avec moi) : ce qui est présenté ouvertement, dans Les pieds dans l’eau (oeuvre autobiographique), je l’ai aussi senti dans Réparer les vivants (pourtant non autobiographique a priori), notamment à travers le personnage de la mère de Simon. J’ai mes antennes pour ce genre de choses 😉

C’est le deuxième roman lu dans le cadre du challenge Destination PAL.

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Fabien Toulmé, Ce n’est pas toi que j’attendais

toulméPour ma première BD chroniquée ici, j’attaque fort. Fabien Toulmé raconte un épisode de la vie de Fabien Toulmé, sa femme Patricia, leur fille Louise et le petit être qui bourgeonne dans le ventre de Patricia. A priori, rien de bien original. Sauf que…

Sauf que Fabien a un pressentiment qui le tenaille depuis le début de cette grossesse.

Il a peur que ce petit bébé encore invisible soit atteint de trisomie 21. Il fait une fixette quoi. Au point que ça l’empêche de dormir parfois. Mais…

Mais au Brésil où il vit (sa femme est brésilienne), on ne fait pas de test systématique de dépistage de la trisomie 21 (et l’avortement est illégal de toutes façons)…

Mais en France, où ils reviennent quelques mois avant la naissance, les échographies ne signalent rien d’anormal…

Mais les sages-femmes à la maternité ne trouvent pas que leur nouvelle-née, Julia, ait « une tête de genou » comme dit Fabien (qui lui, trouve qu’elle a bien une tête bizarre, comparée à celle de son petit voisin de couveuse)…

Mais, mais, mais… cette situation va se prolonger quelques jours après la naissance mouvementée de la petite Julia. Jusqu’à ce que… Bam !

Eh bien oui, on ne peut rien vous cacher, Julia est bien atteinte de trisomie 21 (ce n’est pas un scoop, donc je me permets de dévoiler ici cet aspect essentiel de l’histoire, qui justifie à lui seul la réalisation du livre).

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Je ne suis pas la première à rédiger une chronique de « Ce n’est pas toi que j’attendais », qui a reçu un accueil enthousiaste de la presse et des blogs.

Oui, c’est une histoire touchante. Et le difficile apprivoisement d’un père envers sa petite fille « pas comme les autres » a le bon goût du réel.toulmé5

Non, ce n’est pas facile d’accueillir un enfant trisomique : en plus des soins, de l’accompagnement spécial du handicap, il y a le regard des autres, les projections sur l’avenir (que fera mon enfant quand je ne serai plus là). Un enfant handicapé cristallise plus que les autres les angoisses naturelles des parents.

Mais oui, c’est possible, et même source de joie, de grande(s) Joie(s).

Bon je dois dire qu’en tant que mère d’une poulette de 6 mois, j’ai eu de la peine pour la petite Julia qui, dès le démarrage de sa vie, est ballottée d’hôpitaux en hôpitaux, et un peu « rejetée » par son père. Mais comment aurais-je réagi, moi ? J’admire beaucoup l’attitude de Patricia, telle qu’elle est représentée dans le livre : plus ouverte à ce qui arrive, moins dans les idéaux d’enfant parfait. Il serait intéressant qu’elle-même raconte comment elle a vécu la naissance de sa fille, dans un pays étranger qui plus est !

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J’ai aimé les références à cette culture brésilienne que j’ai côtoyée pendant un an (il y a dix ans déjà ! Meu Deus !)

Bref, j’ai ressenti une grosse bouffée d’affection pour cette petite fille trisomique qui a réussi à déjouer le destin, vivre et se faire aimer par ses parents. Sa grande soeur, toute émerveillée d’avoir une petite soeur, m’a aussi beaucoup plu.

Et je salue le courage et l’honnêteté de Fabien Toulmé, retraçant sans fard ses réactions de rejet, de tristesse… mais aussi d’humour sur sa situation.

Pour finir, quand même, il faut un peu parler du dessin puisqu’on a là une BD. Eh bien j’aime beaucoup le trait, pas très réaliste mais très expressif. Les ambiances, notamment les clins d’oeil aux pubs, marques, symboles de la vie contemporaine, sont soignées ! Spéciale mention au piéton portant une écharpe « OM » pour signaler l’arrivée de la petite famille à Marseille, ou au poster de Johnny chez la famille « beauf » (j’aime ce genre de petits détails 😉 ).

Pour la note finale, en guise d’ouverture et pour m’essayer à « l’analyse de BD comparée », je dirais que « Ce n’est pas toi que j’attendais » me fait penser aux « Chroniques de Jérusalem » de Guy Delisle. Je m’explique. Il y a déjà la ressemblance du trait, le style « roman graphique ». Mais c’est aussi, dans les deux cas, un témoignage de vie d’un père de famille confronté à une expérience totalement nouvelle et pas toujours facile à appréhender. Bref, « Handicapland » comme « Jérusalem-Est », deux lieux fertiles en histoires décapantes 🙂

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Philippe Grandsenne, Bébé dis-moi qui tu es

Grâce à la gentillesse d’amis discrets, j’ai trouvé un jour dans notre boîte aux lettres un paquet renfermant un livre (j’aime trop ce genre de surprise !). Un livre montrant en couverture un profil de bébé aux grands yeux ouverts.

Bébé dis moi
N’est-il pas craquant ce petit brun ?

« Bébé dis-moi qui tu es » s’affiche comme le nième bouquin t’expliquant comment élever ton gosse dès le plus jeune âge. Intéressant mais avec un air de « déjà vu » : entre tous les conseils contradictoires qu’on entend sur la façon de s’occuper d’un bébé, d’un professionnel à l’autre, d’une génération à l’autre, entre les grands’ parents qui s’étonnent que les parents d’aujourd’hui soient « collés » à leur nourrisson, les parents qui te rappellent comment ils ont pris soin de toi, les amis qui viennent d’avoir leur deuxième et qui t’évoquent avec commisération les rudes nuits sans sommeil sans lesquelles on ne peut se parer du glorieux titre de « papa » ou « maman » (conquis à la pointe de l’édredon et du biberon !)… On ne s’en sort plus. Et puis les manuels expliquant « comment faire ceci ou cela pour cartonner dans la vie », moi…

Eh bien justement, le sous-titre est là pour rassurer le jeune-parent-en-devenir : « Petit traité d’antipuériculture pour mieux comprendre son nouveau-né ». Et là, les choses prennent un autre tour. Comprendre le nouveau-né ? Ne pas être formaté par des conseils tout faits ? Ça, je veux bien !

Philippe Grandsenne est pédiatre de maternité depuis de nombreuses années. C’est lui qui vient faire la visite obligatoire du nourrisson avant le départ de la maternité, et puis il reçoit en consultation. Il anime les « Rencontres autour du nouveau-né » à la maternité de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris qui répond à un besoin que les jeunes parents actuels ont de prendre confiance en leur nouveau rôle, moins aisé dans une société qui a rompu les attaches traditionnelles comme la famille, la communauté. Lui, comme il dit, à force de côtoyer les bébés il « entend bébé, pense bébé, imagine bébé ».

Le ton général du livre est très rafraîchissant et donne l’impression que l’auteur s’adresse directement au lecteur, par-delà la barrière de son autorité médicale. Ainsi, il assure vouloir parler non pas des bébés en général mais du « nôtre ». Une phrase résume son propos : « Il n’y a pas de règle, pas de loi ; seulement des ‘possibles' », des possibles qu’il se propose de décrire.

Mais s’il n’y a pas de mode d’emploi du bébé, de quoi est-ce qu’il peut bien causer alors ?

Eh bien déjà, il déculpabilise les parents angoissés de ne « pas savoir faire » (alors qu’ils sont – en général – surinformés) : « Ne faites pas ce qui est bien en théorie, faites ce qui est bon pour lui. (…). Sans doute, certaines attitudes, certains gestes sont-ils ‘meilleurs’ que d’autres, mais si vous ne pouvez pas les mettre en pratique, ne pensez pas que vous agissez mal. »

Il décrit surtout les 100 premiers jours de la vie d’un bébé. Selon lui, ces trois mois sont une phase où le bébé est plus un « foetus dehors » qu’un « vrai » bébé.

Durant ces 100 premiers jours, le bébé fait son « adolescence primitive » : il passe du stade de « foetus dehors » à celui de nourrisson. Suivront la « première » adolescence vers 3 ans, passage du stade du nourrisson à celui d’enfant, et « l’Adolescence » bien connue (celle-là on s’en rappelle tous), passage de l’enfance à l’âge adulte. Moi je rajouterais bien à ça la crise du milieu de vie ! Mais je m’éloigne un tantinet du sujet. Comme les adolescents, un nouveau-né va avoir des troubles de l’humeur, des chagrins sans cause apparente, des soucis de peau… que l’auteur détaille (sans forcément que l’enfant doive forcément en passer par chacun d’eux ! Ouf !).

C’est pendant cette « adolescence primitive » que le bébé va apprendre notamment à régler ses nuits… sujet sensible s’il en est ! La grande idée de Grandsenne c’est que le bébé règle ses nuits tout seul et en l’espace de trois mois maxi. Oui, tout seul ! Ce qui veut dire que les parents n’ont pas à le laisser au lit quand il pleure, histoire de « l’éduquer » à « faire ses nuits ». Il dit une chose très importante à mon sens : le pleur d’un petit de moins de trois mois n’est jamais un caprice, il exprime toujours un besoin précis : faim, change, fatigue, besoin de réconfort… C’est un langage que les parents apprennent à décoder (il est très « pierre de rosette » ce pédiatre !). Ce n’est qu’après trois mois que le nourrisson apprend à différer la satisfaction de ses besoins. Conclusion : il faut toujours aller voir un « moins de trois mois » quand il pleure, que ce soit pour le prendre dans les bras ou lui parler. Grandsenne rassure énormément les jeunes mères qui ressentent le besoin de prendre leur nouveau-né dans les bras tout le temps : « Ventre vide, bébé parti, vous êtes vidée, au sens strict comme au sens symbolique. C’est pour cela qu’il vous est indispensable de prendre dans vos bras celui qui n’est plus dans votre ventre. (…) Vous avez autant besoin qu’il soit dans vos bras qu’il a besoin, lui, d’y être. Ne vous forcez jamais à le remettre dans son berceau pour ‘bien faire’. Ni vous ni lui n’en avez envie. » Une mère cane ne laisserait jamais un de ses petits canetons crier sans venir le l’entourer, le secourir. De même, un nouveau-né ne peut pas être laissé seul à pleurer sous prétexte qu’il fait du « caprice », qu’il va rendre ses parents « esclaves ». Un bébé bouleverse forcément, pendant ses trois premiers mois, la vie de ses parents, il ne faut pas se leurrer : il a énormément besoin de se sentir « entouré » dans ce monde aérien et frais dont il n’a pas l’habitude, lui qui a vécu neuf mois dans une chaude petite piscine ! De la même façon, il faut nourrir un bébé de cet âge à la demande et ne pas chercher à lui imposer un rythme extérieur qui ne lui convient pas. Il adoptera de lui-même un rythme car il sait mieux que les autres ce dont il a besoin. Ça nécessite de faire sacrément confiance à son bébé ! En même temps, l’auteur déculpabilise aussi un max dans l’autre sens : ce n’est pas parce qu’on n’a pas pu aller chercher à temps le nouveau-né qui pleurait qu’on doit se flageller en tant que « mauvais parent », bien au contraire.

Pour avoir parlé de ce sujet qui excite les foules avec de nombreux parents, jeunes et moins jeunes, j’ai pu constater un décalage générationnel : les plus anciens d’entre eux ont reçu comme instruction à leur époque qu’il fallait régler « de force » leurs bébés tout de suite, que ce soit au niveau du sommeil ou de la tétée/biberon. Sinon gare à l’enfant gâté, voire délinquant plus tard ! (J’exagère). Les parents de ma génération sont partagés entre deux injonctions : celles de leurs parents/oncles/tantes/grands parents qui sont encore sur la ligne antérieure donc, et celle de la nouvelle philosophie « proximale », de « maternage », découlant des récentes découvertes dans la psychologie infantile et dans le domaine des soins, qui expliquent certains troubles ultérieurs par le manque de prise en considération du bébé tout-petit. Finalement, dans les deux cas, on menace les parents trop ou pas assez proches de leur bébé de favoriser la survenue de traumatismes ! Quoique étant généralement d’accord avec la seconde philosophie, je constate surtout que chacun fait, ou a fait, au mieux, qu’il est légitime d’être fatigué, de détester son bébé quand il pleure non-stop depuis trois heures et que l’on a le droit à l’erreur ou au moins-que-parfait. C’est de toutes façons ce que dit Grandsenne, qui n’a rien d’un grand gourou rigide de la « nouvelle parentalité ». Et moi qui attend mon premier bébé, je ne peux… qu’attendre : qui vivra, verra.

L’auteur insiste vraiment là-dessus : c’est normal de se sentir une mère « nulle », un père incompétent face à son bébé tout neuf et si… étrange ! Mais, « Qui a dit que nos bébés avaient besoin d’autre chose que de notre incompétence parentale, de notre « nullité » ? (…) Pendant les premières semaines, les autres, dont les pédiatres vous fournissent des clés pour comprendre [votre bébé], mais celles-ci peuvent ne pas être adaptées. Seul votre bébé détient les bonnes. Fiez-vous à lui. »

Ça fait du bien de voir un médecin qui relativise les recettes de la toute-puissante médecine et redonne confiance aux parents, premiers concernés par l’enfant. Il redonne aussi toute leur place à l’observation et à l’intuition aimante, qui ne sont pas, tant s’en faut, l’apanage de la médecine.

Le livre évoque beaucoup d’autres choses intéressantes :

– il fait une description minutieuse du bébé à la naissance (fascinant) ;

-il rassure quant aux « normes » (ex. les bébés tiennent assis tous seuls en moyenne à l’âge de 8 mois, mais ce n’est pas une règle : certains le font dès 6 mois, d’autres vers 10 mois… cela ne sert à rien de forcer un bébé à accomplir un « exploit » qu’il acquerra naturellement, encore moins de consulter pour ça) ;

– il consacre tout un chapitre aux pères (pas encore eu de réactions sur le sujet de la part de mon mari vu qu’il ne l’a pas encore lu !) ;

– il parle de l’allaitement (au sein ou au biberon) et des soins, sans donner de recettes toutes faites ;

– il évoque la communication riche et intense qui peut s’établir avec le tout-petit, ce qui est quelque chose de relativement nouveau. Autrefois, jusqu’à peut-être 30 ou 40 ans en arrière, le sens commun voulait qu’un bébé ne pense pas, ne communique pas, soit une page vierge, une non-personne (Enfin Dolto vint…). On pensait même qu’il était aveugle voire sourd jusqu’à l’âge de 2 mois ! Or un bébé exprime déjà des sentiments, reconnaît déjà sa langue « maternelle » la bien nommée (c’est celle qu’il a entendu résonner dans le ventre de sa mère – un foetus montrerait des signes de surprise quand sa mère parle une langue étrangère). Il sait même se déplacer tout seul en rampant !

Avec tout plein d’anecdotes tendres, amusantes, significatives qui illustrent son propos, je suis sortie ravie de cette lecture. Elle m’a donné plein d’énergie pour faire face à l’échéance qui m’attend : l’arrivée d’un petit « Robinson Crusoë » dans moins de deux mois (eh oui !). L’auteur a vraiment le chic pour rendre le bébé très sympathique et l’aventure parentale pleine de défis certes, mais aussi et surtout de joies – ce qui contraste avec certains discours plus ou moins professionnels qui ont le don de me stresser à propos des « choses à faire absolument » sans quoi on est des parents monstrueux.

L’optique de Grandsenne (père lui aussi) est exactement l’inverse : « Il suffit de vouloir bien faire pour devenir sa bonne mère et son bon père. » On peut rester dubitatifs quant à la portée d’une telle affirmation (la bonne volonté est-elle toujours bonne conseillère ?). Je recommande néanmoins cette lecture à tous les parents en devenir car elle donne des louches de confiance !

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille de poursuivre avec la lecture du blog de la Poule pondeuse, une mère qui aborde toutes ces thématiques de façon ouverte et décomplexée, notamment ici et ici.

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