Un mot, un sens #2 : « Le béguin »

L’habillement de ma fille me fournit décidément beaucoup d’occasions de creuser le sens des mots. Est-ce parce qu’un petit être aussi nouveau vous conduit à tout envisager d’un œil neuf ?

Or donc, je tricotais un béguin pour réchauffer la douce tête toute ronde et les délicates petites oreilles de mon bébé. (Subtile occasion de mentionner que j’ai débuté le tricot et que je suis très fière de mes premières réalisations – faire avec ses mains, c’est un sentiment presque aussi épanouissant que la lecture ; ou disons que ça se complète bien !).

Pour ceux qui ne savent pas du tout ce qu’est un béguin, voilà le résultat :

DSCF0872 - Copie

(Autre subtile occasion de vous faire admirer mon chef d’oeuvre de couvre-chef 😉 ).

Bref, vous voyez, ce genre de parure qui fait ressembler les petites filles à des petites paysannes de Bruegel ?

Bruegel, Danse paysanne (détail)
Bruegel, Danse paysanne (détail)

Le mot « béguin » me fait penser tout d’abord à l’expression « avoir le béguin pour telle ou telle personne », synonyme de « se prendre de passion pour machin », « craquer pour bidule » ou « en pincer pour cette minette/ce beau gosse ». Mais j’avoue que je vois difficilement le lien avec le bonnet.

Mais ça me fait aussi penser aux béguines, ces femmes non mariées du Moyen Âge qui vivaient en communauté sans pour autant être liées à un vœu religieux. Et là je vois à peu près le lien :

Margery Kempe, béguine, mystique, ancêtre des blogueuses et auteur du Book of Margery Kempe (XVe siècle)
Margery Kempe, béguine, mystique, ancêtre des blogueuses et auteur du Book of Margery Kempe (XVe siècle)

Mon dico me dit que le « béguin » est bien la coiffe des béguines, dont le sens a été étendu par analogie à une coiffe de femme et à un bonnet de très petit enfant (check). A son tour, « béguin » a donné « embéguiner », c’est-à-dire « coiffer quelqu’un d’un béguin », qui au sens figuré veut dire « s’entêter sottement », ce qui a à son tour donné l’expression « avoir le béguin pour », qui correspond à la métaphore « être coiffé de trucmuche », « se toquer de Mr Darcy Mr Illettre »…

La morale de cette histoire ? Les têtes de mules et les amoureux n’ont pas froid aux oreilles !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s